Il a habillé David Bowie, Céline Dion, Beyoncé ou Jack Lang. Le couturier Thierry Mugler, célèbre pour sa réhabilitation des épaulettes et pour ses défilés pharaoniques, vient de mourir à 73 ans. Sa carrière se résume en un mot : extravagance. L’inventeur du style aux épaules larges n’avait pas de limites. Il a carrossé les femmes comme des Cadillac, les a habillées en officiers de l’Armée rouge, en insectes, en madones auréolées, en crustacés ou en « robotes ». Tout, pourvu que le spectacle soit là. « La mode est pour moi une espèce de cinéma », disait-il.
Né en 1948, ce fils d’un médecin strasbourgeois grandit dans une famille assez froide où il se sent étranger. Il refuse d’aller en classe, s’amuse à jouer la comédie. Un jour, son père rapporte un disque de la chanteuse péruvienne Yma Sumac (1922-2008). C’est le déclic. Le jeune Thierry se met à danser sur ces étranges rythmes tropicaux. La passion de la danse ne le quittera plus. À 14 ans, il entre à l’Opéra du Rhin, où il reste jusqu’à 20 ans. C’est là qu’il prend sa première photo de mode avec une choriste. En 1970, Thierry Mugler crée ses premiers vêtements pour une boutique appelée Gudule. Puis il lance sa propre marque. Retirée de la mode, il s’est lancé dans la mise en scène. De Paris à Las Vegas, il mêle acrobatie, danse, mode et musique dans son show Mugler Follies. En 2019, le musée des Beaux-Arts de Montréal lui consacre une grande rétrospective, « Thierry Mugler, couturissime », que l’on peut voir à Paris, au Musée des arts décoratifs, jusqu’au 24 avril. Le show Mugler continue.
