Après un discours devant le parlement japonais ce matin au cours duquel il a évoqué le risque nucléaire et la catastrophe de Fukushima, la président Zelensky s’est adressé cet après-midi aux parlementaires français. Il comparé Marioupol aux ruines de Verdun et a terminé sur un clin d’œil à Belmondo : « Personne ne doit plus risquer sa vie en Ukraine, nous ne devons plus nous dire adieu sous les bombes, mais quand l’heure vient. Nous devons pouvoir nous dire au revoir comme la France a pu le dire à Belmondo ». Comme à son habitude, il a décrit le drame de son pays : « l’armée russe détruit tout, brûle des entrepôts de nourriture et de médicaments, apporte la terreur sur le sol ukrainien, viole les femmes, tue les réfugiés sur les routes, les journalistes. Des gens désespérés supplient de mourir ». Volodymyr Zelensky a remercié Emmanuel Macron pour ses efforts afin que Poutine recherche la paix et a loué le leadership de la France. Il affirmé que l’Ukraine se battait pour la devise française « liberté, égalité, fraternité ». Mais, a-t-il dit, la liberté a besoin d’armes pour se défendre. Et, comme à chacune de ses interventions, il a réclamé des chars, des armes anti-char, des avions et des défenses anti-aériennes.
Il veut encore plus de sanctions contre la Russie et affirme que « les entreprises françaises doivent quitter le marché russe », a-t-il poursuivi. « Renault, Auchan, Leroy Merlin doivent cesser d’être les sponsors de la machine de guerre de la Russie. Ils doivent arrêter de financer les meurtres d’enfants et de femmes. Tout le monde doit se rappeler que les valeurs valent plus que les bénéfices ».
Volodymyr Zelensky a insisté sur la paix qui doit venir, mais n’a pas directement évoqué les négociations que certains, en Turquie et en Israël, voient en progrès. Elles seraient pourtant bloquées et les deux parties se rejettent la responsabilité. Peu après ses homologues russes, la partie ukrainienne a qualifié mercredi de « difficiles » les pourparlers menés avec la Russie en vue d’une cessation des hostilités. « Les pourparlers se déroulent de façon assez difficile car la partie ukrainienne a des positions claires et de principe », a affirmé le négociateur en chef côté ukrainien, Mykhaïlo Podoliak, dans des commentaires écrits envoyés aux journalistes. Plus tôt, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait lui aussi qualifié les négociations de « difficiles », tout en accusant les Ukrainiens de « changer constamment de position » et les Etats-Unis d’entraver leur déroulement.
Des bombes sont encore tombées sur Marioupol où 100 000 personnes sont bloquées, Kiev et d’autres villes, mais le chancelier allemand Olaf Scholz affirme que l’offensive russe « s’enlise malgré toutes les destructions qu’elle provoque jour après jour ».Ce soir, le président Joe Biden est arrivé en Europe où il doit participer ce jeudi à Bruxelles à trois réunions, de l’Otan, du G7 et de l’UE. On s’attend à de nouvelles sanctions envers Moscou. De son côté, Vladimir Poutine Vladimir Poutine a annoncé que la Russie n’acceptera plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l’UE, donnant une semaine aux autorités russes pour élaborer le nouveau système en roubles. Le Français Total a indiqué qu’il n’achètera plus de pétrole à la Russie avant la fin de l’année, mais toujours du gaz car l’Europe ne peut pas encore s’ en passer.
