La compagnie nationale doit faire face à une très forte demande, alors que l’Algérie est la troisième destination aérienne au départ et à destination de la France (hors pays européens), derrière les États-Unis et le Maroc. C’est une longue queue qui se forme, chaque jour, sur l’avenue de l’Opéra à Paris, devant la devanture de l’agence d’Air Algérie. Avec la levée des restrictions sanitaires et des limites de voyage, les locaux du transporteur ne désemplissent pas, comme l’a remarqué Le Parisien.
Il faut dire que nombreux sont ceux qui veulent désormais se rendre en Algérie afin de voir leur famille, qu’ils n’ont plus pu serrer dans leurs bras, pour certains, depuis le début de la pandémie en 2020.Mais ils sont également nombreux à se débattre encore face à des annulations de vol qui remontent, pour certains, à avril 2020.
Un Franco-Algérien témoigne ainsi dans le quotidien : « Ma femme, mes deux enfants et moi devions voyager en avril 2020. Il y a eu le Covid et depuis, j’ai tout tenté : demandes d’avoir, de remboursement, par téléphone, par mail, par lettre recommandée… En janvier, je suis venu une première fois faire la queue et on m’a répondu que tout était réglé ». Une situation très compliquée pour ce résident de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, car en réalité, rien n’est réglé. « Mes billets sont toujours archivés, explique-t’il. Je voulais passer les fêtes de l’Aïd le 1er mai avec ma famille d’Alger et de Tizi Ouzou. Mais au guichet, ils disent qu’ils ne peuvent rien faire. Je ne peux ni voyager ni récupérer l’argent ». Cela fait ainsi deux ans que ses 900 euros dépensés en avril 2020 ne lui ont pas été restitués.
Il faut dire que depuis plusieurs semaines, les prix pour se rendre en Algérie ont flambé. Sur Transavia, affirme une cliente, les billets sont à 1.100 euros pour se rendre à Alger. Les aller-retour entre Paris et l’Algérie sont assurés à 50% par la compagnie nationale algérienne, l’autre moitié se répartit entre Air France, et les low-cost Transavia, Vueling et ASL Airlines.
Face à cette situation, les liaisons sont donc insuffisantes et le moindre avion ouvert à la réservation est pris d’assaut, notamment pour la période des fêtes en Algérie et les vacances estivales. Et il semble qu’Air Algérie et les autorités d’Alger soient aussi désemparées par les événements. Alors que, jeudi 24 mars, la compagnie avait publié un communiqué pour annoncer 64 vols supplémentaires pour cet été, il a été supprimé deux heures plus tard, affirme le site visa-algerie.com, sans plus de détails. Air Algérie, elle, n’a pas donné suite aux différentes sollicitations du Parisien.
