Les jours semblent comptés pour l’actuel chef du gouvernement d’union nationale, Abdul Hamid Dbeibah, à Tripoli. Originaire de Misrata, cet homme d’affaires avait pris la tête d’un nouveau cabinet, le 10 mars 2021, mettant fin à dix années de crise politico-militaire. Mais un an après son arrivée au pouvoir avec le soutien de la Turquie et l’assentiment de la Russie ainsi que des Occidentaux, le Premier ministre n’est plus défendu avec la même ferveur par son parrain turc. « Ankara met en œuvre une pression positive pour le convaincre de renoncer à son poste », assure même un proche de Fathi Bachagha.
Ancien ministre de l’Intérieur, Fathi Bachagha a été nommé Premier ministre par le Parlement rival de Tobrouk, à l’Est, le 10 février dernier. Mais Abdul Hamid Dbeibah refuse de quitter son poste. Il a annoncé qu’il ne remettrait le pouvoir qu’« à un gouvernement élu ». Un bis repetita des années 2014 à 2021 où deux gouvernements, l’un à l’Ouest, et l’autre à l’Est de la Libye, étaient en confrontation. Malgré son alliance avec le maréchal Haftar, Bachaga promet le maintien des forces turques et des contrats de reconstruction. La Russie, les Emirats, l’Egypte et la France misent sur Bachaga et les Etats-Unis ne sont pas contre lui. Les milices qui soutiennent Dbeibah pourraient le lâcher.
