L’Ukraine s’attend toujours à ce que la Russie intensifie ses attaques dans l’est et le sud du pays après avoir retiré ses troupes des zones situées au nord et autour de la capitale, Kiev. Les Etats-Unis ont estimé cette semaine que Moscou prévoyait de déployer des dizaines de milliers de soldats dans l’est de l’Ukraine. En attendant cet assaut, Serhi Haïdaï, gouverneur de l’oblast de Louhansk, plaide pour que davantage de civils soient évacués de cette région de l’est de l’Ukraine. S’exprimant à la télévision, M. Haïdaï a déclaré que 30 % des habitants se trouvaient encore dans la région. La vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a déclaré en fin de matinée que dix couloirs humanitaires destinés à évacuer des civils des régions ukrainiennes assiégées par les forces russes ont été acceptés pour ce samedi. Elle a précisé que l’un de ces couloirs humanitaires concerne Marioupol, ville du Sud-Est attaquée par l’armée russe dès les premiers jours de l’offensive militaire de la Russie, et assiégée depuis début mars.
A la suite du massacre de la gare de Kramatorsk , Volodymyr Zelensky a demandé « une réponse mondiale ferme ». « C’est un autre crime de guerre de la Russie pour lequel chacun parmi ceux impliqués sera tenu responsable », a déclaré le chef d’Etat ukrainien dans un message vidéo. De son côté, Moscou a nié toute responsabilité, dénonçant une « provocation » ukrainienne.
Le président ukrainien qui ne cesse de réclamer davantage d’armes, réaffirme que l’Ukraine est « toujours prête » à mener des pourparlers avec la Russie. Toutefois, « parallèlement nous voyons malheureusement des préparatifs pour des combats importants, certains disent décisifs, dans l’Est », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse avec le chancelier autrichien Karl Nehammer. Celui-ci était en visite à Kiev et à Boutcha, près de la capitale ukrainienne, devenue un symbole des atrocités de l’invasion russe. Volodymyr Zelensky a également rencontré le Premier ministre britannique Boris Johnson, premier dirigeant du G7 à venir à Kiev. « La Grande-Bretagne est le leader dans le soutien militaire de l’Ukraine, leader de la coalition antiguerre, leader des sanctions contre l’agresseur russe »,a écrit M. Andrii Sybiha, chef adjoint de la présidence ukrainienne, sur Facebook en postant une photo montrant les deux dirigeants en train de discuter.
L’Union européenne (UE) discutera du soutien qu’elle apportera aux enquêtes sur les possibles crimes de guerre en Ukraine lors de réunions dimanche et lundi avec le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a annoncé samedi la Commission européenne.
M. Khan doit rencontrer dimanche au Luxembourg le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, puis participer lundi à une réunion dans la capitale du Grand-Duché des ministres des affaires étrangères des pays membres de l’UE.
Ces rencontres mettent en évidence le souhait de l’Union européenne, également exprimé jeudi par le G7, que des enquêtes soient menées d’urgence sur les atrocités commises en Ukraine, notamment les tueries de civils dans la ville de Boutcha, à 30 kilomètres de Kiev, où ont été découverts des dizaines de corps après le retrait des troupes russes.
