Dans le sud, les informations sur la situation dans le complexe métallurgique Azovstal de Marioupol, où vivent retranchés civils et combattants, restent contradictoires. Les forces russes y poursuivent leur offensive, a affirmé ce vendredi le ministère de la défense ukrainien. « Durant le cessez-le-feu sur le site de l’usine Azovstal, une voiture a été visée par les Russes avec un missile guidé antichar », a assuré sur Telegram le régiment Azov, qui défend l’immense complexe industriel. « Un combattant a été tué, et six blessés », a-t-il ajouté.
Iryna Verechtchouk, la vice-première ministre ukrainienne a, elle annoncé une évacuation de civils de Marioupol vers Zaporijia,ce vendredi à midi, sans préciser s’il s’agissait de civils retranchés dans l’usine Azovstal, où la situation devient désespérée, fait savoir un infirmier. Dans une vidéo, ce Tatar de Crimée affirme que le site est constamment pilonné et demande à la Turquie d’aider à évacuer les civils et les militaires ukrainiens blessés. Le convoi de l’ONU était toujours attendu…
Dans le Donbass (Est), où se concentre l’offensive de Moscou, Sievierodonetsk, l’une des villes d’importance encore sous contrôle ukrainien, est « quasiment encerclée » par les forces russes et les séparatistes prorusses, a déclaré vendredi le chef de l’administration civilo-militaire de la ville, Oleksandr Striouk. Bien qu’une très large majorité des quelque 100 000 habitants de la ville soient partis, l’élu a déploré que 15 000 d’entre eux refusent de partir. « Les forces russes ont poursuivi leurs opérations offensives inefficaces au sud de Kharkiv, dans les régions de Donetsk et de Louhansk sans enregistrer de gains territoriaux significatifs au cours des dernières vingt-quatre heures », estimait jeudi soir l’Institut d’étude de la guerre, ISW, un organisme américain.
La Russie restera « pour toujours » dans le Sud de l’Ukraine, a affirmé cet après-midi un haut responsable parlementaire russe, Andreï Tourtchak, lors d’une visite à Kherson, importante ville ukrainienne dont Moscou revendique le contrôle total depuis mars. « En m’adressant aux habitants de la région de Kherson, j’aimerais dire encore une fois que la Russie est là pour toujours. On ne doit en avoir aucun doute », a déclaré M. Tourtchak, premier adjoint au président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), cité par l’agence de presse publique RIA Novosti.
Sécurité alimentaire
Plusieurs grandes puissances agricoles, dont l’Union européenne, les Etats-Unis, le Canada et l’Australie, se sont engagées, vendredi, à assurer la sécurité alimentaire dans le monde en dépit des chocs provoqués par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
« Nous nous engageons à travailler ensemble pour assurer qu’il y ait de la nourriture en quantité suffisante pour tout le monde, y compris les plus pauvres, les plus vulnérables et les personnes déplacées », écrivent ces 51 membres de l’Organisation mondiale du commerce dans un communiqué conjoint, promettant aussi de garder les marchés alimentaires ouverts.
Une société de géolocalisation, Kayrros, se basant sur des images satellites, prédit la perte d’un tiers des récoltes de blé en Ukraine.

Les preuves d’Amnesty international
L’ONG a recueilli les récits de quarante-cinq personnes témoins du meurtre de leurs proches et de leurs voisins, ainsi que ceux de trente-neuf autres habitants qui ont été victimes ou ont assisté à des frappes aériennes qui ont détruit des grands ensembles d’habitations, par exemple à Borodianka, à 56 kilomètres de Kiev, où une série de bombardements a tué plus de quarante résidents d’un ensemble de huit bâtiments les 1er et 2 mars. Elle a également recensé vingt-deux cas d’assassinats commis par les forces russes, dont certains s’apparentent à des exécutions extrajudiciaires précédées d’actes de torture. A l’image des meurtres, à Boutcha, de Vassiliy Nedachkivsky, un installateur de fenêtres âgé de 47 ans et père de deux enfants, et de son voisin Ihor Lytvynenko, âgé d’une vingtaine d’années, dont les corps ont été retrouvés le 31 mars dans un immeuble qui servait de centre de détention improvisé. Leurs dépouilles, dont les photos ont été analysées par Amnesty International, présentaient des plaies ouvertes et des hématomes sur toute une partie du corps.

Pétrole : la « ligne rouge » de la Hongrie
La Hongrie bloque toujours le projet d’embargo européen sur le pétrole russe et de difficiles négociations sont en cours entre les 27 pays membres pour trouver un accord pendant le week-end, ont indiqué à l’AFP plusieurs sources diplomatiques.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a durci le ton, estimant que la proposition de la Commission européenne d’interdire les achats de pétrole et de produits pétroliers à la Russie d’ici à la fin de l’année portait « atteinte » à l’unité de l’UE. « Depuis le début, nous avons clairement signifié qu’il y avait une ligne rouge, à savoir l’embargo sur l’énergie. Ils ont franchi cette ligne », a-t-il dénoncé lors d’un entretien à la radio vendredi.
Les négociations menées au niveau des ambassadeurs des Etats membres vont être « compliquées », a confié un diplomate. L’unanimité des 27 est requise pour l’adoption des sanctions.
En 2021, la Russie a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l’UE.

UN G7 avec Zelensky
Les dirigeants du G7 vont tenir, dimanche 8 mai, une réunion virtuelle consacrée à la guerre en Ukraine à laquelle participera aussi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a annoncé ce vendredi une porte-parole du chancelier allemand, Olaf Scholz. « Le 8 mai est une date historique marquant la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe qui a occasionné la terreur, la destruction et la mort en Europe », a déclaré la porte-parole, Christiane Hoffmann, lors d’une conférence de presse, estimant qu’avec l’actuelle guerre en Ukraine « la cohésion du G7 est plus importante que jamais ». Cette réunion, la troisième depuis le début de l’année, sera consacrée « en particulier à la situation en Ukraine », a ajouté Mme Hoffmann sans plus de détails. Le groupe des pays riches du G7 comprend l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon.

Les démentis du Pentagone
Le ministère américain de la Défense a démenti fournir des renseignements permettant aux forces ukrainiennes de viser des hauts gradés russes près du front, ainsi que l’a affirmé le New York Times. Il est exact que les Etats-Unis transmettent à Kiev des éléments des renseignements « afin d’aider les Ukrainiens à défendre leur pays », a déclaré John Kirby, le porte-parole du Pentagone. Mais, a-t-il ajouté, « nous ne fournissons pas d’informations sur la localisation de hauts commandants militaires sur le champ de bataille, pas plus que nous ne participons aux décisions de ciblage prises par les militaires ukrainiens ». Des informations communiquées par les Etats-Unis ont aidé l’Ukraine à couler le croiseur russe Moskva, a par ailleurs affirmé jeudi la chaîne américaine NBC. Selon des responsables anonymes cités par la chaîne, les forces ukrainiennes ont demandé aux Américains des renseignements concernant un navire croisant en mer Noire. Les Américains auraient alors identifié le bâtiment comme étant le Moskva et auraient précisé sa position. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a tenu à préciser que les Etats-Unis n’ont aucunement été impliqués dans la destruction de ce bâtiment. Les Etats-Unis « n’ont pas fourni à l’Ukraine d’information précise sur le ciblage du Moskva », a assuré John Kirby. Il a cependant confirmé que des échanges d’informations avaient bien lieu entre les services ukrainiens et américains, mais qu’« ensuite [les Ukrainiens] prennent leurs propres décisions et mènent leurs propres actions ».

