Les gardes-frontières saoudiens ont tué depuis l’an dernier des «centaines» de migrants éthiopiens qui tentaient de pénétrer dans la riche monarchie du Golfe passant par sa frontière avec le Yémen, a dénoncé ce lundi 21 août l’ONG Human Rights Watch (HRW). «Les autorités saoudiennes tuent des centaines de migrants et de demandeurs d’asile dans cette zone frontalière reculée», a déclaré dans un communiqué Nadia Hardman, spécialiste des migrations à HRW.
Des centaines de milliers d’Ethiopiens travaillent en Arabie Saoudite, empruntant parfois la «route de l’Est» reliant la Corne de l’Afrique au Golfe, en passant par le Yémen, pays pauvre et en guerre depuis plus de huit ans. Le meurtre «généralisé et systématique» des migrants éthiopiens pourrait même constituer un crime contre l’humanité, estime l’ONG. «Nous parlons d’un minimum de 655 personnes, mais il est probable qu’il s’agisse de milliers», a déclaré Nadia Hardman à la BBC. «Ce que nous avons documenté, ce sont essentiellement des massacres, a-t-elle ajouté. Les gens ont décrit des sites qui ressemblent à des champs d’extermination avec des corps éparpillés sur les flancs des collines».
Pour en arriver à de telles conclusions, Human Right Watch s’appuie sur des entretiens avec 38 migrants éthiopiens ayant tenté de passer en Arabie Saoudite depuis le Yémen, des images satellite et des vidéos et photos publiées sur les réseaux sociaux «ou recueillies auprès d’autres sources».
Le royaume dément et parle d’allégations infondées.
