La télévision nationale algérienne a vivement réagi, hier vendredi, à ce qu’elle considère comme une « dangereuse escalade médiatique » orchestrée par les Émirats arabes unis.
Dans un éditorial au ton ferme, la chaîne publique a accusé l’État émirati d’avoir « franchi toutes les lignes rouges » en s’attaquant à l’unité et à l’identité du peuple algérien.
La télévision nationale a affirmé que « malgré tous les avertissements directs et indirects, le micro-État des Emirats se permet d’attaquer l’Algérie souveraine, pays d’un million et demi de martyrs, avec comme seul objectif d’acquérir plus de loyauté à ceux qui dérange la stabilité et le progrès de l’Algérie ».
L’éditorial a dénoncé une « instrumentalisation des médias émiratis au service d’un agenda dangereux ». Selon la télévision algérienne, « les médias tendancieux des Emirats à travers des questions épineuses ont exploité un marchand d’idéologie dans le marché de l’histoire dans une tentative désespérée pour porter atteinte à l’unité et aux constantes nationales et toucher la cohésion entre les composantes de l’identité nationale ». Alger assure que cette tentative est inacceptable et ne sera jamais tolérée.
La même source a qualifié cette situation d’ « attaque dangereuse contre les principes ancestraux du peuple algérien et de tentative de remettre en question ses origines et sa profonde histoire ». Elle a ajouté que « l’attaque du micro-État artificiel des Émirats arabes unis contre l’Algérie, riche de son histoire de résistance, n’est rien d’autre qu’une tentative désespérée d’entités hybrides dépourvues de racines et de souveraineté véritables. »
L’éditorial a conclu en accusant les Émirats arabes unis de se transformer en « une usine à sédition et à dissémination de toxines idéologiques, exploitant un marchand d’idéologie sur le marché de l’histoire ». La télévision nationale a martelé que « l’Algérie, qui a payé des millions de martyrs pour défendre son unité, ne cédera pas aux provocations et ne pardonnera aucune atteinte à ses principes et aux fondements de son identité et de son appartenance ».
Depuis au moins deux ans, les titres algériens multiplient les reproches envers Abou Dhabi, qualifié de « capitale des embrouilles » par le journal arabophone privé El-Khabar. Le 12 décembre 2023, la radio publique avait accusé les Emirats d’avoir débloqué 15 millions d’euros au profit du Maroc pour « financer des campagnes médiatiques subversives ». Le média officiel, s’appuyant sur des « sources proches du dossier », affirmait que des campagnes de « désinformation et d’intox » sur les réseaux sociaux avaient pour but de « créer un climat de tension entre l’Algérie et les pays du Sahel ».
En avril dernier, le Président Tebboune, plus explicite, se lâchait dans la presse. «Partout où il y a des conflits, l’argent de cet État est présent, au Mali, en Libye, au Soudan», a-t-il débiné, avant de renchérir: «Si tu cherches à avoir avec nous les comportements que tu as avec les autres, tu te trompes. Nous avons 5.630.000 martyrs morts pour ce pays. Ceux qui veulent s’approcher de nous, qu’ils le fassent».