Forcément, c’est mieux. De l’aide humanitaire, de la nourriture qui commence à entrer dans l’enclave, davantage d’eau potable, des pauses « tactiques » de l’armée israélienne, cela ne peut que soulager un peu le calvaire des Gazaouis. Néanmoins, il faut s’interroger sur le pourquoi, le comment et l’après. Et constater aussi, en raisonnant par l’absurde, que ce revirement israélien sonne comme un aveu de culpabilité : pourquoi était-il nécessaire si, comme l’affirment les responsables l’Etat hébreu, il n’y a pas de famine à Gaza. Multiplier par dix la fourniture d’ eau potable disponible montre bien qu’il y avait problème !
Bravant la colère de ses partenaires extrémistes qui parlent de « reddition face à une campagne mensongère du Hamas , Netanyahou a dû céder aux pressions de Trump mécontent que son pays soit aussi sur le banc des accusés et surtout aux critiques de nombre de ses concitoyens qui estiment que la guerre n’a plus de sens, qui ne voient pas revenir les otages, mais tomber des soldats de Tsahal. Il tente d’éviter une crise politique qui pourrait lui faire perdre son pouvoir.
L’Etat hébreu, en laissant entrer de l’aide, en autorisant des parachutages -une mauvaise et dangereuse pratique- cherche également à changer le narratif qui l’accuse et qui reflète pourtant la vérité. La majorité de la communauté internationale se range du côté palestinien. Si le Hamas a provoqué le drame actuel, dessert la cause palestinienne et doit être écarté de toute future gouvernance, il n’est pas le principal responsable des souffrances d’aujourd’hui.
Sur le fond, l‘Israël de Netanyahou n’a pas changé : pas d’Etat palestinien, exil des Gazaouis et annexion de la Cisjordanie. Et encore 13 morts ce matin.