« C’est vraiment ridicule pour nous en tant qu’idée » s’est moqué mercredi Vladimir poutine après avoir affirmé que son pays n’avait « pas l’intention d’attaquer l’Europe » au moment où les Européens se réarment et que la France va réintroduire un service militaire de dix mois.
Oui, le président russe a raison, mais il joue sur les mots. Sa lutte contre l’Occident libéral et « décadent » est réelle et il n’envisage pas de l’arrêter, cherchant, au contraire à embarquer des pays avec lui…
Personne ne croit que, demain ou après-demain, des chars russes déferleront dans les rues de Berlin ou de Paris et même de Varsovie. Des images qui font peur, mais sont irréalistes. A voir ce qui se passe en Ukraine, les forces russes sont incapables de marcher sur l’Allemagne et la France. Alors qu’elles devaient conquérir Kiev en 24 heures et prendre possession de toute l’Ukraine, elles n’ont conquis que quelques petits pour cent depuis février 2022 et à peine 1% cette année. Combien de temps, de dizaines et dizaines d’années mettraient-elles pour menacer ces pays éloignés ? Et combien de soldats seraient tués ? Il n’existe pas de sources vraiment fiables, mais le ministère de la Défense britannique estime que la Russie déplore « plus de 950.000 victimes, incluant 200.000 à 250.000 soldats tués ».
Cependant, il est exact que plusieurs capitales européennes évoquent des menaces à l’horizon 2029-2030, voire même 2028. La France est sur la même ligne. Le 19 novembre, le chef d’état-major suédois Michael Claesson déclarait à « Politico » que la Russie est « prête à d’énormes risques stratégiques », et notamment à « tester l’article 5 de l’Otan à tout moment, dans les Etats baltes ou d’autres régions d’Europe », profitant des ambiguïtés du président américain Donald Trump.
Pas d’attaque contre la Pologne, la Finlande, la France, l’Allemagne, oui mais les pays baltes sont véritablement menacés par Poutine qui rêve d’empire et d’influence. Il y a peu, le ministre russe de la Défense a parlé, en présence de son président, de la possibilité d’un conflit avec l’OTAN en Europe d’ici à dix ans. L’Estonie est la plus menacée, mais des militaires européens pensent que la Russie pourrait même tenter de prendre le contrôle du couloir de Suwałki qui sert de frontière entre la Lituanie et la Pologne et relie l’enclave russe de Kaliningrad, en Pologne, à la Biélorussie, donc à la Russie.
Pour la majorité des pays européens qui font déjà face à une guerre hybride, la meilleure manière de se protéger est d’aider l’Ukraine à résister. Toutefois, le nouveau scandale de corruption qui frappe la Compagnie nationale de production d’énergie nucléaire Energoatom inquiète. Ce vendredi, les bureaux d’ Andriy Yermak, chef de l’administration présidentielle et bras droit de Volodymyr Zelensky, ont été perquisitionnés. Il pourrait être impliqué dans le vaste réseau criminel qui a siphonné 100 millions de dollars (86 millions d’euros) au moins.
