Steve Witkoff, l’envoyé de Donald Trump au Moyen-Orient, a annoncé que la phase deux du plan pour Gaza commencerait dès maintenant. Il parle également déjà d’une reconstruction de la bande de Gaza, alors que le cessez-le-feu reste pourtant encore fragile. Selon l’Egypte, le Qatar et la Turquie, une personnalité politique palestinienne aurait également été désignée pour diriger le comité de transition pour Gaza.
L’émissaire de Donald Trump a déclaré mercredi que le plan visant à mettre fin à la guerre à Gaza passait désormais à la phase deux, dont l’objectif est de désarmer le Hamas.
“Nous annonçons le lancement de la phase deux du plan en 20 points du président visant à mettre fin au conflit à Gaza, passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction” de la bande de Gaza, a écrit l’envoyé spécial pour “les missions de paix” Steve Witkoff sur X.
La démilitarisation du Hamas en première ligne
Le programme en 20 points présenté en octobre par le président états-unien après deux ans de guerre prévoit que ce comité de transition gouverne le territoire palestinien sous la supervision d’un Conseil de la paix, présidé par Donald Trump lui-même.
“La phase deux établit une administration palestinienne technocratique transitoire à Gaza, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), et entame la démilitarisation complète et la reconstruction de Gaza, principalement le désarmement de tout le personnel non autorisé”, a indiqué M. Witkoff. “Les États-Unis attendent du Hamas qu’il respecte pleinement ses obligations, y compris le retour immédiat du dernier otage décédé”, a-t-il ajouté, faisant référence au retour du corps de Ran Gvili. “Tout manquement à cette obligation entraînera de graves conséquences”, a dit M. Witkoff, tout en rendant à nouveau hommage aux efforts de médiation de l’Égypte, de la Turquie et du Qatar “qui ont rendu possible tous les progrès réalisés à ce jour”.
Dans le détail, dans sa version originelle, la phase deux comprend non seulement la neutralisation des capacités militaires du Hamas, mais aussi le déploiement d’une force internationale de stabilisation et la mise en place d’une police palestinienne. La phase une comportait pour sa part la mise en place d’un cessez-le-feu, un retrait israélien partiel, des échanges d’otages et de corps de personnes tuées, ainsi que le retour de l’aide humanitaire.
Resterait ensuite la phase trois, qui évoquait clairement une reconstruction de la bande de Gaza, dirigée sous supervision internationale. Des éléments que les États-Unis voudraient voir se concrétiser le plus vite possible.
L’ancien vice-ministre palestinien mis à la tête du comité de transition
L’Egypte, le Qatar et la Turquie, médiateurs dans le conflit à Gaza, ont par la suite annoncé que l’ancien vice-ministre palestinien, Ali Shaath, dirigerait le comité transitoire palestinien chargé d’administrer la bande de Gaza.
Dans un communiqué conjoint, les médiateurs ont qualifié la création de ce comité “d’évolution importante (…) pour consolider la stabilité et améliorer les conditions humanitaires” dans le territoire palestinien, où un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis le 10 octobre.
Une reconstruction qui s’annonce difficile et coûteuse
L’ONG Oxfam rapporte par ailleurs ce mercredi que le coût de la reconstruction de l’ensemble des installations, systèmes et infrastructures d’eau et sanitaires détruits par Tsahal à Gaza serait de minimum 800 millions de dollars (686 millions d’euros). Pour évaluer ce montant, Oxfam s’appuie sur les données de son partenaire, la Coastal Municipalities Water Utility (CMWU). Cependant, le coût total de la reconstruction pourrait encore augmenter, certaines zones de Gaza restant inaccessibles et les prix ayant doublé en raison du manque de matériaux autorisés à entrer dans la région.
Les puits qui ont été réparés et qui sont situés dans la ville de Gaza et à Khan Younès fournissent désormais un approvisionnement en eau durable à au moins 156.000 personnes. “Nous travaillons actuellement sur huit autres puits et deux stations de pompage, qui devraient être opérationnels en février et permettre d’approvisionner en continu 175.000 personnes supplémentaires en eau potable”, indique Wassem Mushtaha, directeur d’Oxfam Gaza.
Les autorités israéliennes ont “délibérément rendu impossible” la fourniture d’une aide humanitaire essentielle, dénonce Oxfam. “Israël justifie ses menaces de radier jusqu’à 37 ONG internationales du registre en affirmant que l’impact de ces organisations humanitaires est ‘insignifiant’. Mais nous avons appelé Israël à plusieurs reprises à lever ces restrictions. En réalité, Israël continue de bloquer l’aide et la reconstruction des infrastructures essentielles”, souligne Wassem Mushtaha.
