Après des avertissements, des menaces et des préparatifs de frappe, la détermination américaine a fait place à la conciliation même si « toutes les options restent sur la table ». Pourquoi ? Donald Trump a dit « tenir de bonne source que les tueries avaient pris fin et que les exécutions prévues n’auraient pas lieu ».
Certes, les Iraniens, qui risquent la mort en descendant dans la rue, hésitent à manifester, mais leur volonté reste intacte : des images publiées hier sur les réseaux sociaux et vérifiées par l’AFP montrent une foule importante scandant «Mort à Khamenei» lors des funérailles d’un ouvrier à Abdanan, dans la province occidentale d’Ilam. Alors, pourquoi l’aide promise « qui arrive » affirmait le président américain il y a quelques jours, n’arrive pas ?
Trump peut se souvenir que les frappes et guerres en Irak, Libye, Syrie ou Afghanistan n’ont amené ni paix, ni démocratie mais beaucoup de malheurs. Il a surtout été sensible aux “conseils” donnés par les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite, le Qatar et Oman qui craignent de graves répercussions, un embrasement régional qui les toucheraient et mettraient à mal les centaines de milliards d’investissements promis à l’Amérique trumpienne. De quoi faire réfléchir le président milliardaire…
Israël aurait également conseillé la prudence. Selon le Washington Post, Tel Aviv et Téhéran ont, dès fin décembre, négocié par l’intermédiaire de Moscou pour se mettre d’accord sur le fait de ne pas lancer d’attaque préventive l’un contre l’autre.
Netanyahou et Trump pourraient préparer une action plus efficiente et laisser le régime s’affaiblir encore davantage. De l’avis général, il est à l’agonie, mais conserve des cartes, notamment celle d’accroître une répression qui aurait, peut-être, déjà fait près de 20 000 mort et 18 000 arrestations. Le pouvoir, sans solution de repli, les pasdarans, qui détiennent 50% de l’économie, iront jusqu’au bout. A moins que des actions clandestines, notamment du Mossad, remplacent les dirigeants actuels. Du noyautage intérieur, un peu à l’image de ce qui s’est passé au Venezuela. Khamenei comme Maduro ?
Si toutes les conditions sont réunies pour que la révolution se poursuive, la prudence actuelle s’explique aussi par le fait qu’il n’existe aucune réelle alternative qui puisse séduire une majorité. Reza Pahlavi propose ses services et des élections, mais il ne représenterait guère qu’un tiers des Iraniens. La société iranienne est plurielle et les peuples non persans – Kurdes, Baloutches, Arabes, Azéris – ont leurs propres revendications. Pour l’instant, un deal pourrait bien donner du temps aux mollahs…
