Le Premier ministre français a exprimé, vendredi soir, « une certaine tristesse » au vu de l’échec du débat parlementaire qui va l’ amener à faire adopter le budget soit par des ordonnances, ce qui serait inédit, soit en recourant, malgré ses promesses, à l’article 49-3.
Sébastien Lecornu a dénoncé la « stratégie cynique » de La France insoumise et du Rassemblement national, accusés d’avoir rendu le budget « incohérent et donc invotable » mais il a précisé qu’il ne renoncera jamais au compromis. C’est donc un projet non définitif qu’il a présenté aux partis et surtout aux Français dans l’espoir de les mettre de son côté, un texte plus politique qu’économique destiné à lui éviter une motion de censure, la chute de son gouvernement et, possiblement, des élections législatives anticipées.
Après avoir écouté le Premier ministre, beaucoup de commentateurs ont ironisé : c’est Noël le 16 janvier ». Il est vrai que l’on pourrait croire à une liste de cadeaux aux socialistes, aux Républicains et au bloc central. Pouvoir d’achat, prime d’activité, prime rénov, transition écologique, éducation, repas étudiant à un euro, maintien de l’abattement de l’impôt pour les retraités, pas de réduction des allégement de charge pour les entreprises, pas d’augmentation d’impôt pour les ménages… Pratiquement tout le monde a eu droit à sa bonne mesure. Pourtant, personne n’est convaincu. Il faut encore négocier et, surtout, répondre à la question passée sous silence : qui va payer, et comment, les cadeaux ? Il n’y a toujours pas d’argent magique pour financer ce budget et ramener le déficit, actuellement à 5,3%, à 5%.
Une nouvelle fois, le Premier ministre veut mettre les parlementaires devant leurs responsabilités ou plutôt leur irresponsabilité qui bloque le pays. S’il doit user du 49-3, il veut que les Français comprennent que ce sera finalement à la demande de partis politiques qui mettent leurs intérêts propres devant l’intérêt général.
LFI et le RN continuent de réclamer des élections anticipées et Marine Le Pen ironise : le Premier ministre « vient de découvrir quelque chose d’absolument terrible : l’opposition s’oppose et l’eau mouille ». Et elle le surnomme« Caliméro Lecornu ».
