« Je suis inquiet de toute perte d’attention en plein conflit à grande échelle », a déclaré hier à des journalistes, Volodymyr Zelensky qui a estimé que le différend autour du Groenland et la guerre en Ukraine ne devraient pas être jugés « interchangeables ». Il a raison le président ukrainien car le monde n’a d’yeux et d’oreilles que pour le président américain. Comment le contrer, lui résister ? Que va-t-il encore inventer ?
Pendant ce temps, la Russie, tranquille, continue de frapper en toute impunité en Ukraine. Toutes les nuits, missiles et drones tuent et causent des dégâts insupportables. Les sites énergétiques sont visés et plusieurs grandes villes sont privées de chauffage et d’électricité. L’hiver est rigoureux cette année avec des températures de moins quinze et moins vingt degrés. A Kiev ou Odessa, des stalactites de glace pendent aux balcons. Vital Klitchko, le maire de la capitale, a invité les habitants qui le peuvent à trouver refuge ailleurs. Depuis une dizaine de jours, environ 600 000 sont partis, soit 20% de la population.
Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, condamne les « attaques à grande échelle » de la Russie « alors que la population ukrainienne est en proie à un froid extrême ». « On ne peut », dit-il, « que les qualifier de cruelles. Elles doivent cesser ». Américains et Russes ne l’écoutent pas et mènent à Davos des négociations qu’ils qualifient, comme d’habitude, de « constructives », mais qui n’apportent rien. Quoique… Kiril Dmitriev affirme que « de plus en plus de personnes prennent conscience du bien-fondé de la position russe », Witkoff et Kushner ne démentent pas d’autant qu’en décembre, leur président, dans un entretien avec le site Politico critiquait les dirigeants de l’UE : « Ils parlent, mais ils n’agissent pas, et la guerre ne cesse pas de s’éterniser ». Contrairement aux Etats-Unis, ils aident toujours l’Ukraine.
La position de Moscou est de plus en plus dure. Il y a quelques jours ,le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que « la situation se dégrade jour après jour pour le régime de Kiev et sa fenêtre pour prendre des décisions se réduit s’il veut trouver une issue négociée. Il est temps que Zelensky prenne ses responsabilités et une décision appropriée ».
Sur le terrain, les forces russes progressent toujours très lentement et la résistance ukrainienne reste forte notamment à Pokrovsk où toutes les attaques sont repoussées. Les pertes russes sont élevées. L’Otan avance que 20 000 soldats de Poutine sont tués chaque mois, Kiev estime que le chiffre est plus élevé et vise les 50 000 cette année, ce qui fera réfléchir le Kremlin, pense Mykhaïlo Fedorov, le nouveau ministre de la Défense.
