Les chiffres ne cessent de gonfler et atteignent l’impensable : la répression contre les manifestants a tourné au massacre. Peut-être plus de 50 000 morts. La rapporteuse spéciale de l’ONU pour l’Iran, Mai Sato parle de « dizaines de milliers de morts » tout comme l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège. Des personnels soignants confirment la mort de 33.130 personnes et précisent que ces chiffres sont sans doute inférieurs à la réalité, car ils ne prennent en compte ni les données issues des morgues et des cimetières, ni le grand nombre de personnes blessées n’ayant pas osé aller à l’hôpital par peur des représailles. D’autres témoignages racontent que des blessés ont été empoisonnés à l’hôpital et sont morts de retour chez eux. Une véritable « tuerie de masse » commises dès les premiers jours des manifestations.

Que va faire Donald Trump qui se réjouit de la présence d’une « grande armada » américaine capable de faire mal à l’Iran ? Alors que les Iraniens exprimaient dans les rues leur colère, ils les avaient exhortés à continuer, à prendre le contrôle des institutions en les assurant que « l’aide était en route ». Puis il avait fait marche arrière, affirmant que les gardiens de la révolution ne tuaient plus et qu’il avait empêché 817 pendaisons. Un recul qui serait dû aux pressions exercées par les puissances régionales, Arabie Saoudite , Emirats, Oman et aussi Israël qui disait ne pas être prêt. La crainte d’une déstabilisation régionale.
Aujourd’hui, les Iraniens, qui s’estiment trahis par le président américain, restent en colère et sont inquiets. Une frappe américaine pourrait encore empirer la situation. Alors ? Missiles et bombes contre les casernes des pasdarans et des lieux de pouvoir ou « deal » ? Possible mais insuffisant pour faire tomber le pouvoir. Les canaux diplomatiques ne sont pas rompus entre Washington et Téhéran. Selon des responsables américains, un éventuel compromis devrait inclure le retrait de tout l’uranium enrichi hors d’Iran, un plafonnement du stock de missiles de longue portée, la fin du soutien aux forces alliées régionales et l’interdiction pour l’Iran d’enrichir lui-même de l’uranium. Le régime resterait en place…
En attendant, l’Iran qui a « le doigt sur la gâchette » et promet une « guerre totale » et des « coups fatals » a mis le guide suprême Ali Khamenei à l’abri dans un bunker souterrain fortifié doté d’un réseau de tunnels à Téhéran. Deux de ses fils Mojtaba, son potentiel successeur et Massoud, assument ses fonctions. Pour sa part, Donald Trump a donné des ordres clairs ; s’il est menacé, s’il est tué, l’Iran sera « rayé de la carte ».
