Israël a décidé dimanche de mettre fin aux activités de Médecins sans Frontières (MSF) dans la bande de Gaza d’ici au 28 février pour avoir refusé de fournir la liste de ses employés palestiniens.
Le ministère de la Diaspora, responsable de l’enregistrement des organisations humanitaires, a annoncé qu’il allait «mettre fin aux activités» de MSF dans le territoire palestinien pour ne pas avoir fourni cette liste, une obligation «applicable à toutes les organisations humanitaires opérant dans la région». L’ONG devra cesser ses opérations et quitter Gaza d’ici au 28 février, a ajouté le ministère.
Garanties concrètes
L’organisation a annoncé avoir décidé de ne pas partager d’informations concernant son personnel palestinien et international avec les autorités israéliennes dans les circonstances actuelles, faute de « garanties concrètes » assurant la sécurité de son personnel et lui permettant de gérer ses opérations humanitaires en toute indépendance.
Dans un communiqué publié vendredi, l’organisation a indiqué que cette décision faisait suite à des mois de tentatives « infructueuses » de communication avec les autorités israéliennes et à l’échec des négociations visant à garantir que les données du personnel seraient utilisées uniquement à des fins administratives déclarées et ne les exposeraient à aucun risque pour leur sécurité.
L’organisation a expliqué que les autorités israéliennes avaient annoncé en mars 2025 une décision exigeant des organisations souhaitant s’enregistrer qu’elles fournissent des informations personnelles sur leur personnel, ce qui, selon le communiqué, a suscité de « vives inquiétudes » pour Médecins Sans Frontières, notamment au vu des arrestations et des agressions dont sont victimes les personnels médicaux et humanitaires.
Le communiqué ajoute que depuis octobre 2023, environ 1 700 professionnels de santé ont été tués, dont 15 membres du personnel de l’organisation. L’organisation a noté que les autorités israéliennes avaient annoncé le 30 décembre que son enregistrement avait expiré, ce qui entraînerait la cessation de ses activités dans un délai de 60 jours.
L’organisation a expliqué que, dans le but de continuer à fournir des soins médicaux vitaux, elle avait informé les autorités israéliennes, le 23 janvier, de sa volonté de communiquer une liste restreinte de membres du personnel, à titre exceptionnel et après consultation du personnel palestinien, sous réserve du consentement explicite de chaque personne et de la garantie de sa sécurité totale.
