Pas de trêve pour le Liban : l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran ne s’applique pas au pays, a confirmé Donald Trump, reprenant les propos de Benyamin Netanyahu. Dans la foulée, Israël a frappé une centaine de cibles du Hezbollah à travers le territoire, menant ce qu’il présente comme « la plus grande frappe coordonnée » contre le mouvement chiite depuis le début du conflit.
Malgré le cessez-le-feu de deux semaines annoncé entre les Etats-Unis et l’Iran, Israël a pilonné mercredi comme jamais le Liban depuis le début de la guerre, des frappes qui ont fait au moins 112 morts et des centaines de blessés, selon les autorités. Les frappes, dont plusieurs ont visé le coeur de Beyrouth, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale libanaise, à une heure de grande affluence, comme l’ont montré de nombreuses vidéos amateurs sur les réseaux sociaux.
L’armée israélienne a annoncé mercredi avoir mené sa « plus grande frappe coordonnée » contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février. « En l’espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, (les forces israéliennes ont attaqué) une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires » du mouvement islamiste libanais à travers le Liban, précise-t-elle.
Le président américain Donald Trump a affirmé que l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran ne concernait pas le Liban, confirmant des propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le Hezbollah, qui n’avait plus revendiqué de frappes contre Israël depuis la nuit, s’est dit « en droit de riposter » aux frappes sanglantes.
Le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a fait état d’un bilan préliminaire de 89 morts et 837 blessés, avant de le revoir à la hausse à 112 morts et 837 blessés.
« Partout, y compris au Liban »
Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot a dénoncé le pilonnage de Beyrouth par l’armée israélienne dont il a été témoin, à l’occasion d’une visite de soutien aux plus hauts responsables politiques libanais. « Nous étions à l’ambassade avec ma délégation, à quelques centaines de mètres seulement de l’endroit où les missiles ont frappé. Cela doit cesser. Le cessez-le-feu entre les États-Unis, Israël et l’Iran doit inclure le Liban! », a écrit M. Prévot sur le réseau X.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a de son côté précisé que les Etats-Unis, l’Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu « partout », y compris au Liban, à la suite d’une médiation pakistanaise.
Les frappes israéliennes sur le Liban depuis le 2 mars ont fait plus de 1.500 morts et plus d’un million de déplacés.
L’Iran menace de répliquer
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé mercredi de riposter si Israël ne cessait pas ses attaques au Liban, où des frappes ont fait plus de cent morts.
« Quelques heures seulement après l’accord de cessez-le-feu, le régime sioniste (…) a déclenché un massacre brutal à Beyrouth. Nous adressons un avertissement ferme » aux Etats-Unis et à leur allié, ont déclaré les Gardiens, armée idéologique de la République islamique, dans un communiqué relayé par la télévision d’Etat.
« Si les agressions contre le cher Liban ne cessent pas immédiatement, nous remplirons notre devoir et répliquerons », ont-ils ajouté.
Interrogé sur la situation depuis la Maison Blanche, Donald Trump a affirmé en fin de journée qu’il allait continuer à discuter du Liban avec Benjamin Netanyahu.
