Début avril, Donald Trump envisageait un co-péage américano-iranien dans le détroit d’Ormuz. « C’est magnifique » disait-il, « beaucoup d’argent à se faire ». Le lendemain, il renonçait. Le 4 mai, il lançait son « Project Freedom » : tous les bateaux allaient pouvoir franchir le détroit sous escorte américaine. Échec et arrêt en quelques heures. En juin, il menaçait d’imposer un péage uniquement américain. Trois jours plus tard, le 23, son secrétaire d’Etat, Marco Rubio, affirmait que son pays n’accepterait jamais un passage payant. Hier 13 juillet, nouveau revirement : dans une sortie quelque peu délirante contre les « minables » dirigeants de Téhéran, il annonçait qu’il allait prendre le contrôle total du détroit : à 22 heures ce 14 juillet les navires iraniens seront bloqués alors que les autres pourront passer librement mais en s’acquittant d’un péage de 20 % sur toutes les marchandises. Le président américain se justifiait : « Nous protégeons une région très prospère du monde. Nous dépensons de l’argent. Par conséquent, nous allons être remboursés pour la protection ». Quand on sait que l’équivalent de 20 millions de barils passaient chaque jour avant qu’Américains et Israéliens déclenchent le conflit et qu’un baril vaut aujourd’hui 80 dollars, cela fait une belle somme… « Nous deviendrons les gardiens, ou peut-être même les anges protecteurs du détroit »… Il y a quelques heures, Donald Trump annonçait renoncer et remplacer sa taxe par «des accords de commerce et d’investissements que les différents États du Golfe feront aux Etats-Unis». Et affirmait avoir eu des «discussions très productives» avec les pays du Golfe, tout en maintenant sa volonté d’imposer de nouveau un «blocus TOTAL» des ports iraniens,
Lors de son interview surprenante, hier, sur Fox News, le président américain affirmait qu’« on va raser la montagne de la pioche » où des installations nucléaires fonctionneraient sous plus de 100 mètres de roche. « On arrive, dites aux Iraniens d’être prêts ». Pour les experts militaires, ce ne sont que des rodomontades trumpiennes, l’armée peut exécuter les ordres stupides de son commandant en chef, mais n’a aucune chance de réussir : elle n’a plus assez de super bombes GBU-57 d’ailleurs pas capables de percer une telle épaisseur.
Ne sachant plus que faire pour se débarrasser d’une guerre qu’il a mal engagée et qu’il croyait gagner rapidement, un peu comme au Venezuela, Donald Trump semble avoir pété les plombs et ne pas mesurer les conséquences de ses propos. Pourtant l’imprévisible milliardaire, prompt à changer d’avis, conserve une certaine logique : il agit pour plaire à sa base et se fout du reste du monde, de ceux qu’il considère comme des vassaux. Alors, il explique aux Américains que la guerre qu’ils n’aiment pas, coûte cher et que les pays qu’il protège doivent participer aux frais ou acheter du pétrole américain. Un discours simpliste qui peut convaincre pour un « bon » vote lors des midterms… Peu importe les réactions de la Chine, de l’Inde et de l’Europe. Peu importe que son exemple puisse être suivi en mer Rouge, à Gibraltar, en mer de Chine ou dans le détroit de Malacca bien plus important qu’Ormuz. Comme dit Trump « on verra ».
Jeudi, il s’adressera à la nation. On verra…
