Sur la dune, au-dessus de la plage de Freshwater West très prisée par les surfeurs dans le Pembrokeshire au Pays de Galles, un tumulus, recouvert de galets et de chaussettes, abrite une tombe : celle de Dobby. Ce nom, qui renvoie aux êtres magiques du folklore britannique, rappelle forcément des souvenirs à tous ceux qui ont aimé les aventures d’Harry Potter racontées par J.K. Rowling . Elfe de maison, esclave de la famille Malefoy , il ne peut être libéré que si son maître lui fait cadeau d’un vêtement. Par ruse, Harry Potter lui fait donner une chaussette par Lucius Malefoy. Dès lors, Dobby, elfe libre, aide et protège Harry donnant parfois l’impression qu’il agit contre lui…
Dans le tome « Les reliques de la mort », Harry et ses amis Hermione et Ron sont capturés et enfermés dans le manoir de Malefoy. Albus Dumbledore, directeur de l’école de sorcellerie Poudlard, charge Dobby de le faire évader. Mais alors qu’ils transplanent avec Harry vers la chaumière aux coquillages située en haut de la plage de Freshwater West, la méchante Bellatrix Lestrange lance un couteau. Dobby meurt en disant : « Un endroit si beau, pour être avec des amis. Dobby est heureux d’être avec son ami Harry ». Il est enterré là, sur place.
Depuis, les fans viennent régulièrement rendre hommage à l’elfe. Tout allait bien jusqu’à ce jour, où interrogé par BBC Wales, un ingénieur du nom de Simon Ludlam, a parlé de la pose d’un câble haute tension long de 200 km, destiné à acheminer de l’énergie de la Grande-Bretagne vers l’Irlande, capable d’alimenter 380 000 foyers. Et l’on se rend compte qu’il devait passer sur le tumulus. Sacrilège ! Très vite Ludlam reçoit des centaines de coups de téléphone de protestation. Ignorant tout de Dobby, il ne comprend pas et il faut lui expliquer le drame. Juridiquement, il n’y a pas de tombe, mais un fort symbole, un attachement réel. Finalement, ce projet de quelque 500 millions d’euros est modifié. Pas facile car il fallait éviter d’endommager de véritables vestiges archéologiques datant de l’âge du bronze, notamment des urnes liées à des pratiques funéraires humaines.
Simon Ludlam vient de conclure : « Beaucoup de gens sont maintenant heureux, le projet va de l’avant et Dobby est heureux ».
