Samedi, Itamar Ben Gvir, le ministre extrémiste israélien, affirmait qu’au Liban Israël devrait « davantage prendre l’initiative : nous devons bombarder Beyrouth, nous devons mettre fin à ce jeu du chat et de la souris et, au contraire, les écraser ». Le même jour, des frappes de Tsahal tuaient onze personnes dont des enfants.
Le lendemain, il allait plus loin que Netanyahou et sa « kill list » en déclarant : « Il faudrait mener des assassinats ciblés à Gaza, en éliminant de 30 à 40 personnes chaque nuit. Pas seulement celles qui représentent une menace immédiate — il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains ». Des propos peu relayés par la presse locale mais fortement critiqués par les Arabes israéliens.
Des outrances honteuses qui ont mis du temps à atteindre les pays qui soutiennent l’Etat hébreu. En effet, ce n’est qu’aujourd’hui mercredi que la France et l’Allemagne ont réagi. A Berlin, le chancelier allemand Friedrich Merz « condamne avec la plus grande fermeté. A Paris, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, juge les propos «insupportables et inhumains» . Interrogé dans le journal La Montagne sur la situation au Proche-Orient, il estime que «ce qu’il se passe aujourd’hui en Cisjordanie est proprement indigne et devrait tous nous révulser».
Une évidence, mais on se demande quand les pays de l’Union européenne passeront des mots aux actes. Ben Gvir est interdit de séjour dans la plupart des pays de l’UE comme aux Etats-Unis, Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, il est plus que temps de prendre des mesures contre le gouvernement israélien, de suspendre ou de limiter drastiquement les accords avec l’UE, de faire comprendre à Netanyahou qu’il doit se séparer de ses ministres extrémistes qui nient tous les droits des Palestiniens. Mais il est d’accord avec eux, en a besoin pour rester au pouvoir et gagner, espère-t-il, les prochaines élections du mois d’octobre.
En gardant ce Ben Gvir, accusé à huit reprises d’incitation et de commission d’actes de violence contre des Palestiniens, et condamné en 2007 pour incitation à la haine raciale et soutien à des organisations terroristes, il se place lui-même à la tête d’un Etat meurtrier où la force prime la justice. Mais ce principe est reconnu par le protecteur américain, même si ce dernier s’ énerve parfois. En visite en Israël, le « négociateur » américain Jared Kushner vient de confirmer que Netanyahou conserve le droit de frapper Gaza.
Avec Bibi, Israël n’est plus qu’une démocratie de façade. Dans une démocratie réelle, Ben Gvir, Smotrich et quelques autres ministres seraient accusés d’appel au meurtre, et condamnés.
