Plus hargneux et agressif que jamais, Benjamin Netanyahou s’est déchaîné hier à la tribune de l’Onu. Avant même de prononcer son discours, il a fustigé les nombreuses délégations qui partaient : «S’il reste encore dans cette salle des lâches qui n’ont pas quitté les lieux, qu’ils le fassent maintenant», a-t-il lancé. Il était là pour pourfendre les détracteurs de son pays qui l’accusent, avec justesse, à propos de Gaza et de la Cisjordanie sans comprendre, selon lui, qu’avec « l’ami américain », il lutte pour défendre le monde libre contre un Iran qui, possesseur de l’arme atomique, aurait anéanti l’Etat hébreu, peut-être l’Europe et menacer le monde entier. « Honte à vous d’inverser la victime et l’agresseur, de cracher au visage de la vérité » a-t-il affirmé. Si le régime iranien est un des pires au monde, on a du mal à croire à sa volonté, et sa possibilité de destruction aussi totale…
Netanyahou, à la veille d’élections qu’il risque de perdre, s’est montré très offensif pour tenter de convaincre les électeurs et s’en est pris surtout à la France et à la Grande-Bretagne qui « accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme? Bon sang, ce sont eux qui ont inventé le terme! » s’est-il exclamé. Il aurait dû aller jusqu’au bout de son raisonnement et constater que si leurs colonies « couvraient la terre entière », ils savaient finalement que la terre ne leur appartenait pas et qu’ils ont décolonisé, reconnu des fautes, voire des crimes contre l’humanité et accordé l’indépendance à ces territoires conquis par la force.
L’Israël de Netanyahou et de ses extrémistes ne suit pas cette voie : il ne considère pas Gaza, la Cisjordanie comme des colonies, mais comme des terres appartenant historiquement aux juifs et non aux Palestiniens, un peuple « inventé »… Pas question d’indépendance.
Dans sa rage, Bibi a même dit le contraire de son armée en affirmant que ceux que la presse internationale qualifient de colons en Cisjordanie ne sont que des « jeunes délinquants », environ 150 « à jeter des pierres, à déterrer des oliviers ».
Son discours de « vérité » n’était fait que de contre-vérités.
