Sur de nombreux rondpoints français, des anciens gilets jaunes de 2018 ont réinstallé leurs chaises en l’attente de la journée de blocage et de manifestations prévue demain samedi. Les appels à la mobilisation datent de plus d’un mois mais, depuis, la mobilisation lycéenne a gonflé les rangs, les mécontents donnant l’impression d’une France en colère. Près de 1000 policiers, 200 lycéens et plus de 140 personnels de l’éducation ont été blessés. Des chiffres qui font peur et inquiètent le gouvernement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu estime que le mouvement lycéen se transforme en «mouvement de violences urbaines», et redoute des violences. Son ministre de l’Intérieur, pointant la responsabilité de l’ultragauche, annonce que tous les moyens disponibles pourront être utilisés par la police y compris des grenades assourdissantes.
Le gouvernement, tout en reconnaissant « un moment de fatigue » dans le pays, refuse de parler de « défiance générale » à l’égard du pouvoir et de sa police.
Les questions qui se posent à la veille de cette journée difficile portent sur le nombre de manifestants, le niveau de la violence et la convergence des luttes. Le renseignement territorial dit constater un « effet d’emballement » autour du 17 octobre avec quelque 77 manifestations qui réuniront de 60 à 110 000 personnes, hors Paris. Il craint particulièrement la présence de l’ultra gauche avec « une masse de manœuvre » en France à 5.000 militants en mesure de structurer des « actions offensives, dégradations, violences envers les forces de l’ordre ».
Les revendications sont multiples et hétéroclites et tournent principalement autour des conditions d’apprentissage des lycéens et de la vie chère. La patronne du syndicat CGT, Sophie Binet tape fort en affirmant : « Il faut comprendre la gravité de la situation: aujourd’hui, s’acheter des tomates, des courgettes ou faire le plein, ça devient une consommation de luxe. Il y a des millions de travailleurs et des travailleuses qui sont complètement asphyxiés et qui n’arrivent plus à s’en sortir». Exagération, mais problème quand même quand tout augmente sauf les salaires. Et élection présidentielle en vue… Bien des Français se voient vivre dans un pays déclassé et ruiné.
Au-delà de ce questionnement, il y en a un peut-être plus inquiétant : la montée de la violence. Il est injustifié de n’accuser que la police comme le font notamment Mélenchon et ses insoumis qui, tout en soutenant les manifestations appellent aujourd’hui à des « stratégies non violentes ».
La violence n’est pas vraiment nouvelle et se constate depuis plusieurs années dans les collèges et même dans le primaire. Les enfants ne respectent plus les enseignants, se plaignent et trop de parents les encouragent. C’est d’abord cette situation dégradée qui devrait pousser les gouvernements à agir.
Les autorités françaises assurent que la fusillade du lycée d’Aubagne où un élève de 14 ans a blessé deux enseignants n’a rien à voir avec le mouvement lycéen, mais un ado de 13 ans avec lequel il était en relation, a été arrêté dans le Nord. Ils sont adeptes de la « True Crime Community » qui glorifie les auteurs de tuerie de masse et incite, dans certaines formes, au recours à la violence extrême. Le ministre de l’Intérieur reconnaît que « plusieurs dizaines de jeunes sont suivis à ce titre ».
Les statisticiens du ministère de l’Intérieur relèvent que « les violences physiques hors cadre familial enregistrées par les services de sécurité sont en nette hausse (+7 %) en septembre 2026, marqué en fin de mois par un mouvement lycéen au niveau national, après une baisse (-3 %) au mois précédent ». Une France qui devient plus radicale ?
