
La scène culturelle tunisienne s’apprête à renouer avec l’un de ses rendez-vous dédiés au livre, du 23 octobre au 1er novembre 2026. A l’occasion d’une rencontre avec les médias, Taoufik Grira, directeur de la Foire nationale du livre tunisien, a dévoilé les principales orientations de cette cinquième édition, qui marque le retour de la manifestation après deux années d’interruption.
La nouvelle édition réunira 66 maisons d’édition autour d’un catalogue de 1 400 titres couvrant différents domaines de la littérature et des arts. Au-delà de l’exposition des publications, les organisateurs entendent faire de cet événement un espace de découverte, d’échange et de promotion de la lecture.
Le slogan retenu, « Lis… la vie s’illumine », traduit cette volonté de redonner au livre une place centrale dans la vie quotidienne. Pour Taoufik Grira, l’enjeu est de dépasser une lecture superficielle pour encourager une véritable immersion dans les textes, favoriser l’accès au savoir et contribuer à former un « citoyen lecteur ».
De nouveaux prix en perspective…
Parmi les nouveautés, figure la création d’un prix consacré aux études intellectuelles et pédagogiques destinées aux enfants. Cette distinction vient compléter les récompenses déjà attribuées dans les catégories poésie, nouvelle et roman. Chacun de ces prix est doté de 10 000 dinars, témoignant de la volonté des organisateurs de soutenir la création littéraire et de reconnaître le travail des auteurs dans différents genres.
Les candidatures enregistrées comprennent 14 livres de poésie, 17 recueils de nouvelles, 18 romans et quatre études scientifiques. Cinq titres ont été retenus pour la phase finale de sélection et le choix des lauréats.
L’introduction d’une distinction dédiée aux travaux intellectuels et pédagogiques destinés au jeune public souligne également l’importance accordée à la transmission du savoir et à l’éveil de l’esprit critique dès l’enfance.
Le Gouvernorat de Nabeul à l’honneur …
Cette édition mettra le gouvernorat de Nabeul à l’honneur. Une attention particulière sera accordée aux œuvres des auteurs originaires de cette région, tandis que trois figures de sa vie intellectuelle et artistique seront célébrées. Il s’agit de l’historien, universitaire et chercheur Taoufik Bachrouch, du poète et sociologue Sadok Charaf, connu sous le nom d’Abou Wajdan, ainsi que de l’artiste plasticien Raouf Gara.
La manifestation s’ouvrira également sur d’autres régions du pays. Sept gouvernorats supplémentaires participeront aux journées de la foire, avec une place réservée aux élèves, invités à prendre part aux différentes activités organisées pendant les vacances scolaires, qui coïncident avec la tenue de l’événement. Cette démarche vise à élargir le public de la foire, à encourager la découverte du patrimoine littéraire régional et à sensibiliser les jeunes générations à la lecture.


Un rendez-vous culturel incontournable…
Pour Riadh Abderrazak, vice-président du comité d’organisation et président de l’Union des éditeurs, le retour de la foire représente une occasion de réaffirmer la place du livre dans le paysage culturel national. Il a insisté sur la nécessité d’inscrire cette manifestation dans la durée et d’en faire un rendez-vous annuel régulier. L’objectif, a-t-il souligné, est de contribuer au développement de l’industrie du livre tout en favorisant l’installation de la lecture dans les habitudes quotidiennes. Le livre doit ainsi retrouver sa place de compagnon permanent, au-delà des événements culturels ponctuels.
De son côté, Slim Dergachi, directeur général des services communs au ministère des Affaires culturelles, a rappelé le soutien apporté par le ministère au secteur du livre tunisien. Celui-ci mobilise un budget annuel de neuf millions de dinars en faveur du livre. Le ministère entend également œuvrer à la pérennisation de la foire afin de dynamiser le secteur de l’édition et d’offrir aux éditeurs une vitrine pour faire connaître leurs publications.
Soirées poétiques et rencontres-débats …
La cinquième édition entend aussi se distinguer par la diversité de son programme culturel. Mohamed El-May, écrivain et responsable de cette programmation, a précisé que les activités prévues associeront plusieurs formes d’expression artistique, notamment des soirées poétiques et des rencontres-débats avec des auteurs de nouvelles et de romans.
Cette orientation répond à une ambition clairement affichée : faire de la foire davantage qu’un espace de vente et d’exposition, en lui donnant une véritable dimension culturelle et intellectuelle.
Les échanges entre écrivains et lecteurs, la découverte de nouvelles œuvres et la confrontation des idées devraient ainsi occuper une place importante tout au long de la manifestation. A travers ces initiatives, les organisateurs souhaitent favoriser une relation plus vivante entre les créateurs, leurs publics et le monde du livre.
Un espace de 1 000 m² dédié aux éditeurs
Sur le plan logistique, Mourad Khalifa, directeur de Dar El Kitab et responsable des exposants, a confirmé la participation de 66 maisons d’édition. Une superficie de 1 000 mètres carrés sera mise à leur disposition pour présenter leurs catalogues et leurs nouveautés.
La foire entend ainsi placer les éditeurs et les créateurs tunisiens au cœur de l’événement, en leur offrant une occasion supplémentaire de rencontrer les lecteurs et de faire rayonner la production éditoriale nationale.
Le budget consacré à l’organisation de cette édition s’élève, quant à lui, à environ 570 000 dinars, selon Zied Khalfaoui, directeur des affaires administratives et financières au ministère des Affaires culturelles. La contribution du ministère atteint 500 000 dinars.
Avec cette cinquième édition, la Foire nationale du livre tunisien ambitionne de renouer avec son public et de consolider sa place dans le calendrier culturel national. Entre valorisation des auteurs, soutien aux éditeurs, ouverture aux régions et activités destinées aux jeunes, la manifestation entend faire de la lecture une pratique quotidienne et du livre un vecteur durable de connaissance, de créativité et d’épanouissement.
