
La troisième édition du Salon national des arts plastiques a été inaugurée le 17 octobre au Musée national d’art moderne et contemporain, avec la participation de 94 artistes. Cette nouvelle édition confirme la volonté du ministère de la Culture de renforcer la place des arts plastiques dans le paysage culturel tunisien, de soutenir les artistes et de favoriser une meilleure diffusion de la création artistique dans toutes les régions du pays.
En prélude à cet événement, une rencontre qui a réuni organisateurs et représentants des médias s’est tenue le 15 octobre au musée d’art contemporain afin de présenter les orientations du Salon, ses perspectives d’évolution ainsi que les nouveautés destinées à consolider son positionnement parmi les rendez-vous culturels nationaux.
Un espace dédié à la promotion des arts plastiques
Ahlem Boussandel, présidente du comité d’organisation et directrice du Musée national d’art moderne et contemporain, a mis l’accent sur la vocation première de cette manifestation : offrir aux arts plastiques un espace national qui leur soit entièrement consacré.
Lancé à l’initiative du ministère de la Culture, le Salon répond à la nécessité de donner davantage de visibilité aux arts plastiques et visuels, au même titre que les autres disciplines culturelles. « Il ne s’agit pas, rappelle Ahlem Boussandel, de rivaliser avec les grandes expositions ou les manifestations artistiques existantes, mais de mettre en place un cadre spécifique permettant de valoriser la diversité des pratiques artistiques et de renforcer leur présence auprès du public… L’ambition affichée est de faire de ce rendez-vous une manifestation régulière, organisée chaque année au mois d’octobre, afin d’inscrire durablement les arts plastiques dans le calendrier culturel national…»

Pour une meilleure stabilité de l’événement …
Cette volonté de pérennisation a également été mise en avant par Hala Ben Saad, directrice des Affaires culturelles régionales. Elle a par ailleurs rappelé, que les premières éditions du Salon correspondaient à une phase de lancement et de structuration, au cours de laquelle les modalités d’organisation ont été progressivement réévaluées.
Initialement envisagée à raison de deux éditions par an, la manifestation a finalement adopté un rythme annuel à la suite de l’évaluation des deux premières éditions. Le choix du 17 octobre comme date de référence vise ainsi à assurer une meilleure stabilité à cet événement, programmé après les Journées musicales de Carthage, selon Hala Ben Saad.
En effet, ce changement devrait offrir aux artistes un délai plus important pour concevoir et réaliser leurs œuvres, notamment dans la perspective de futures éditions articulées autour de thématiques précises. Une telle orientation pourrait favoriser la création de travaux originaux, spécialement pensés pour le Salon. Le comité d’organisation disposera, de son côté, de davantage de temps pour élaborer les programmes des prochaines éditions, développer les actions de médiation culturelle et mettre en place des activités parallèles susceptibles d’élargir l’expérience des visiteurs.
Belle affluence du public à l’inauguration…
L’inauguration samedi dernier de l’actuelle édition a été marquée par la présence de la ministre de la Culture, Amina Srarfi, des artistes exposants et de nombreux professionnels et amateurs d’arts plastiques. La participation de 94 artistes témoigne de la diversité des expressions réunies à cette occasion et de la volonté de faire de cette manifestation un espace de rencontre entre les créateurs et le public.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre a souligné la portée culturelle et sociale de cette initiative, en la reliant au principe de l’accès de tous à la culture. Elle a notamment affirmé que la création d’un salon consacré aux arts plastiques constituait une avancée vers la justice culturelle, appelée à accompagner le processus de réforme et de construction de l’Etat. Cette orientation se traduit également selon Mme la ministre, par la volonté de promouvoir la décentralisation culturelle en encourageant la participation des artistes issus des différentes régions tunisiennes. L’objectif est de favoriser une présence plus équilibrée de la création artistique sur l’ensemble du territoire, du nord au sud et de l’est à l’ouest, tout en renforçant les liens entre les artistes autour d’une identité nationale commune.
L’affluence observée lors du vernissage, au-delà des seuls participants, illustre par ailleurs l’intérêt du public pour les arts plastiques. Elle souligne l’importance de multiplier les initiatives permettant de rapprocher les œuvres des citoyens et de faire connaître la richesse des démarches artistiques contemporaines.
Hommage à Hechmi Marzouk, figure de la sculpture tunisienne
L’ouverture du Salon a également été l’occasion de rendre hommage au plasticien et sculpteur Hechmi Marzouk, dont le parcours a contribué à enrichir le patrimoine visuel tunisien et à consolider la place de la sculpture dans la scène artistique nationale.
Né en 1940 à Mahrès, l’artiste a consacré une part importante de sa carrière à la peinture et à la sculpture. Son travail se distingue notamment par l’exploration de matériaux tels que le marbre, les métaux et le bois, qu’il a investis comme autant de supports d’expérimentation et de recherche plastique. En dépassant les usages conventionnels de ces matières, Hechmi Marzouk a développé une démarche fondée sur l’exploration de leurs possibilités expressives. Ses créations donnent ainsi une dimension singulière à des matériaux bruts et contribuent à inscrire ses sculptures dans la mémoire visuelle collective. L’hommage qui lui a été consacré constitue à la fois une reconnaissance de son apport à l’art tunisien, et une invitation à redécouvrir une œuvre qui mérite une attention renouvelée.
A travers cette troisième édition, le Salon national des arts plastiques entend donc dépasser le cadre d’une simple exposition collective. En se dotant d’un calendrier annuel, en encourageant la participation des artistes de toutes les régions et en mettant en lumière des parcours artistiques marquants, il ambitionne de devenir un levier durable de valorisation de la création plastique et de démocratisation de l’accès à l’art en Tunisie.
L’exposition se poursuit jusqu’au 12 décembre 2026, bon succès à toutes et à tous !
