Les autorités françaises ont interdit un colloque sur la «remigration» prévu au Plessis-Robinson samedi et une manifestation à Paris dimanche, invoquant des risques de troubles après l’attentat raciste des Yvelines. Les organisateurs contestent cette décision.
Près d’une semaine après l’attentat raciste des Yvelines, les autorités ont interdit un colloque de l’extrême droite radicale sur la «remigration», prévu samedi en banlieue parisienne, ainsi qu’une manifestation dimanche dans la capitale, les organisateurs annonçant déposer un recours devant le tribunal administratif.
Ces interdictions interviennent sur fond d’appels à des contre-manifestations, et au moment où le climat politique se tend considérablement en France, à six mois de l’élection présidentielle.
«À la demande du ministre de l’Intérieur, au regard des risques de troubles à l’ordre public notamment à la suite de l’attentat de Trappes, le préfet de police et le préfet des Hauts-de-Seine ont pris respectivement des arrêtés d’interdiction» pour le forum organisé samedi au Plessis-Robinson et la manifestation prévue à Paris dimanche, écrit, sur le réseau social X, le préfet du 92.
«Think Tank identitaire»
Ces dernières heures, des organisations de gauche et syndicats ont multiplié les appels à la «mobilisation antifasciste», notamment samedi matin devant la Maison des arts du Plessis-Robinson.
Dans cette ville des Hauts-de-Seine, devait se tenir cette conférence intitulée: «Remigration – ouvrons le débat», organisée par l’ancien élu du Front national Jean-Yves Le Gallou, et son «Think Tank identitaire» Polémia. Ce terme de «remigration» est employé par l’extrême droite radicale pour définir sa politique d’expulsion de masse des personnes d’origine étrangère.
Dans son arrêté, le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que cette initiative repose «sur une idéologie xénophobe et raciste, fondée sur la conviction que les immigrés, sont tous, par essence, constitutifs d’une menace pour l’avenir des pays européens et n’ont pas vocation à séjourner en Europe».
Polémia a indiqué dans un communiqué maintenir le colloque «tant que toutes les voies de recours n’auront pas été épuisées». L’organisation «a engagé un référé liberté (procédure d’urgence) pour obtenir l’annulation de ce délire liberticide», devant la justice administrative, a déclaré Jean-Yves Le Gallou sur X.
Dimanche, le collectif Objectif Remigration organisait une manifestation, un évènement également interdit par la préfecture de police de Paris. Le porte-parole du collectif, Stanislas Tyl, a annoncé à l’AFP un référé liberté.
Depuis l’attentat raciste des Yvelines, où un homme noir a été tué et sept autres personnes blessées, la gauche mais aussi des figures plus centristes reprochent à l’extrême droite et à certains médias d’avoir créé un terreau favorable au passage à l’acte.
