Le régulateur français de l’audiovisuel, l’Arcom, a annoncé mardi avoir saisi la justice après des propos sur LCI, BFMTV et CNews d’Éric Zemmour, possible candidat Reconquête à l’Élysée, considérés comme appelant à la discrimination, au lendemain de la journée du 17 octobre.
«En tant qu’autorité publique, nous pouvons être conduits à signaler aux procureurs de la République des propos lorsqu’ils nous paraissent être attentatoires par exemple aux lois en matière d’appel à la discrimination. Cela a été fait par les services de l’Arcom la semaine dernière au sujet de propos tenus sur différentes antennes» par Éric Zemmour, a déclaré sur France Inter le président du régulateur, Martin Ajdari. Une telle saisine, «ce n’est pas inédit mais c’est relativement rare», a-t-il ajouté.
«Des hordes de barbares»
Le 18 octobre dernier, le probable futur candidat d’extrême droite à la présidentielle a évoqué sur LCI «des hordes de barbares maghrébins et africains qui rentrent dans les villes», sur BFMTV des «racailles arabo-musulmanes» et sur CNews a appelé à «la remigration» des pillards, c’est-à-dire l’expulsion des étrangers. Sans citer ces passages, Martin Ajdari a dit que leur «répétition» ainsi que leur «proximité sur différentes antennes» avaient «justifié» une saisine de la justice.
«La loi ne nous donne pas la compétence d’interdire à l’avance tel ou tel invité» mais «la responsabilité des chaînes de télévision et de radio est d’assurer la maîtrise de l’antenne», a souligné le dirigeant. C’est-à-dire que quand des propos «dépassent le cadre de la loi, il appartient aux chaînes de contredire, nuancer» ces propos.
En outre, «les propos tenus par les personnes peuvent engager leur responsabilité individuelle, pénale», ce qui est le cas potentiellement d’Éric Zemmour, déjà condamné dans le passé pour incitation à la discrimination, à la haine ou à l’injure raciale.
Attentat raciste à Trappes
Après la première journée de mobilisation du 17 octobre, l’Arcom avait demandé aux chaînes de télévision et aux radios de veiller à un «traitement rigoureux et équilibré» des manifestations et des violences, en indiquant avoir été saisie au sujet de plusieurs séquences. Après l’attentat raciste à Trappes le 23 octobre, des responsables politiques ont critiqué des «discours de haine» ou du racisme s’exprimant sur certaines antennes.
