« Cette nuit, Trump a été contraint de faire face à sa propre mortalité politique, écrit « The Atlantic » cité par Courrier International. Il avait demandé aux électeurs de faire de ces élections de mi-mandat “un référendum sur sa personne, de considérer que son nom figurait sur le bulletin de vote. Ils l’ont écouté — pour mieux le rejeter ». Lourdement défait, au-delà de ce que prévoyaient les sondages, le président milliardaire a joué les bons perdants, félicitant les Démocrates pour leur « bon boulot » et déclarant « avoir hâte de travailler » avec eux. « On devrait pouvoir trouver un moyen de s’entendre », a-t-il ajouté. Des mots, seulement des mots car dans la foulée, il a réaffirmé qu’il serait Monsieur veto face à ces Démocrates qu’il accuse de poursuivre des politiques qui “détruiront” le pays. Et sur Truth Social, il a montré sa nouvelle casquette rouge « Veto ».
Bien sûr, ce n’est pas lui qui a perdu, mais de mauvais candidats qui se sont retournés contre lui, même s’il les avait désignés et c’est aussi à cause de la guerre contre l’Iran, « même si les gens en comprennent l’importance ». A Fox News, il a confié que « je ne considère pas que c’était dirigé contre moi » et sur son réseau, il a expliqué la déroute : « Je n’étais pas sur le bulletin et si je l’avais été, nous aurions LARGEMENT gagné ». En aucun cas, Trump n’est un loser…
Les Démocrates, forts de leur victoire totale, vont lancer diverses enquêtes contre le président et son administration. Tout y passera, corruption, enrichissement, nominations, affaire Epstein, droits de douane, guerre contre l’Iran, inflation, politique de santé…Ils pourraient même relancer une procédure de destitution, même si elle n’aurait aucune chance d’aboutir. En attendant cette offensive, Donald Trump bénéficie d’un sursis jusqu’au 3 janvier prochain. En effet, c’est à cette date que le nouveau Congrès sera investi . D’ici là, il pourra faire ce qu’il veut avec son Congrès républicain, s’entendre avec Poutine sur le dos de l’Ukraine, attaquer Cuba, décréter d’autres droits de douane, malmener les Européens… Il pourrait se montrer plus dangereux, sans aucun frein contester à tout va… Il faudra aussi surveiller l’attitude des deux principaux prétendants à sa succession, JD Vance et Marco Rubio.
Cela dit, il ne faut pas croire que les Américains aiment à nouveau les Démocrates. Ils sont un peu mieux appréciés que les Républicains de Trump mais 53% des sondés en ont une mauvaise image. Et, ils restent divisés sans véritable programme commun. Le parti bleu est en plein renouvellement, partagé entre progressistes voire gauchistes, centristes et conservateurs. En témoignent la première élection d’un sénateur musulman, Abdul Al-Sayed, dans le Michigan, d’une sénatrice et d’une gouverneure noires, également des premières ou d’un gouverneur latino en Californie.
S’il est battu, Trump n’est pas à terre car un président américain conserve de larges pouvoirs en matière de diplomatie et de politique étrangère, en plus donc du droit de veto. Mais il ne pourra plus célébrer ses succès en dégustant du foie gras à la Maison Blanche. En effet, les électeurs de Washington, comme ceux de Denver, ont interdit la vente de ce produit emblématique de la gastronomie française lorsqu’il est issu du gavage.
