
Quand la littérature célèbre l’enfance, le Prix Aboul Kacem Chebbi renoue avec l’un des univers les plus sensibles de l’œuvre du grand poète tunisien. Le rendez-vous est désormais bien ancré dans le calendrier culturel tunisien. Le 21 novembre, Kasser Essaada Le Bardo accueillera la cérémonie de remise du Prix Aboul Kacem Chebbi par la Banque de Tunisie, à l’occasion de sa 32ème session. Une édition qui s’annonce particulièrement riche, tant par la diversité des œuvres en compétition que par le choix de son thème : « Aboul Kacem Chebbi, poète de l’enfance ».
Après une interruption de trois années, notamment due à la pandémie de Covid-19, cette distinction littéraire a retrouvé son éclat depuis sa relance, il y a trois ans. Désormais entièrement prise en charge par la Banque de Tunisie qui assure également son organisation, elle s’est progressivement imposée comme un rendez-vous culturel de référence, contribuant au rayonnement de la création littéraire et à la promotion des auteurs arabes.
La nouvelle arabe à l’honneur
Pour cette nouvelle édition, le Prix entend remettre à l’honneur un genre littéraire qui a quelque peu perdu de sa visibilité ces dernières années : la nouvelle. Un choix qui semble particulièrement opportun au regard du regain d’intérêt dont bénéficie aujourd’hui cette forme d’expression littéraire. Pas moins de 96 candidatures ont été retenues par le jury, présidé par Moncef Louhaibi. Elles témoignent d’une participation arabe particulièrement diversifiée, avec la présence de nouvellistes issus de 19 pays, dont plusieurs noms connus et reconnus dans le monde littéraire. La participation masculine et féminine se distingue par une quasi-parité, tandis que les candidatures les plus nombreuses proviennent d’Égypte, suivie de la Tunisie, de l’Irak, de l’Algérie, du Maroc et de la Syrie.
Au-delà de la diversité géographique, les œuvres soumises au jury ont en commun leur ancrage dans les réalités du quotidien arabe. Les inquiétudes, les peurs, les interrogations et les espoirs qui traversent les sociétés arabes constituent autant de sources d’inspiration pour les auteurs.
Une célébration en plusieurs expressions
Mais cette édition ne se limitera pas à la consécration d’une œuvre littéraire. Son originalité réside aussi dans la volonté de faire dialoguer poésie, musique, arts visuels et expression artistique enfantine autour de l’univers d’Aboul Kacem Chebbi. Le thème choisi donnera ainsi une tonalité particulière à la soirée du 21 novembre. Une chorale d’enfants interprètera des poèmes du grand poète, tandis que de jeunes voix seront également invitées à déclamer une sélection de ses textes.
Des hommages seront rendus à des artistes et animateurs ayant consacré une partie importante de leur parcours à l’univers de l’enfance. Un prix récompensera également la meilleure œuvre d’art visuel inspirée du célèbre poème « Marah Attoufoula », tiré du recueil « Chants de la vie ». La cérémonie sera aussi l’occasion de mettre en lumière des enfants tunisiens qui se sont distingués au cours de l’année sur la scène internationale, à travers des hommages et des encouragements financiers destinés à saluer leurs réussites.
Un prix littéraire tourné vers la transmission
Outre la distinction attribuée à la meilleure nouvelle, cette édition réservera une place au prix d’honneur décerné à la personnalité culturelle de l’année. Cette volonté de conjuguer consécration littéraire, reconnaissance artistique et encouragement des jeunes talents traduit une conception plus large du rôle d’un prix culturel : non seulement récompenser la création, mais aussi favoriser sa transmission et préparer l’émergence des générations futures.
En plaçant l’enfance au cœur de cette 32ème session, le Prix Aboul Kacem Chebbi par la Banque de Tunisie fait ainsi le choix d’un thème porteur de sens et de sensibilité. Une manière de rappeler que la poésie de Chebbi, loin de se limiter à son héritage littéraire, demeure une source vivante d’inspiration, capable de toucher les jeunes générations et de nourrir leur imaginaire.
