Ce matin, plusieurs centaines de milliers d’Ukrainiens se trouvaient privés d’électricité dans l’oblast de Dnipropetrovsk et dans d’autres oblasts après des attaques russes sur des infrastructures énergétiques menées par des missiles ,nord-coréens, et des drones. L’Ukraine riposte du mieux qu’elle peut. A l’approche de l’hiver, la guerre se fait plus dure et violente, même sur la ligne de front où l’état-major de Kiev a dénombré samedi 199 actions et accrochages qui, selon lui, ont causé la perte de 2290 soldats russes. Lundi dernier, Moscou avait envoyé des bombes planantes chargées chacune d’une tonne et demie d’explosif sur un centre d’aide humanitaire de Khomyshuvakha, tuant, à ce jour, une centaine de personnes. Ce matin, un drone a frappé les sauveteurs qui menaient des opérations de recherche.
Pourquoi une telle violence ? Poutine, qui accroît sans cesse la répression et les attaques contre l’Europe décadente, tente de semer la terreur qui pousserait les Ukrainiens à demander l’arrêt des combats. La pression, la peur lui permettraient d’atteindre ses buts, de chasser Zelensky de la présidence. Dans le même temps, il poursuit des négociations directes avec Trump qui, lui aussi, n’est pas l’ami du dirigeant ukrainien. Est-ce pour cela que le président américain vient de surprendre , jeudi, en parlant de paix proche après un entretien avec l’émissaire russe Krill Dmitriev qui est aussi un homme de deals.
Toujours aussi sûr de lui et fanfaron, le président américain a affirmé : « Ce sera un grand et magnifique accord et tout le monde en sera ravi. Il concernera plus que l’Ukraine et je dirai même que cela pourrait englober toute l’Europe ». S’il n’a donné aucun détail, son gendre Jared Kushner a expliqué que cet accord poursuivait cinq buts précis : « Des consultations permanentes en matière de sécurité, des canaux de communication fiables en cas de crise, une transparence militaire accrue, des mesures réciproques visant à réduire les risques d’escalade, ainsi qu’un cadre durable pour la sécurité et la stabilité à long terme en Europe ».
Avec Poutine, Trump voudrait redessiner l’architecture européenne sans concertation avec les Européens et les Ukrainiens. La chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas a répondu que « tout accord sur la paix en Ukraine , pour pouvoir être mis en œuvre, exigera que l’Union européenne en fasse partie». Certes, mais l’Europe restera-t-elle unie et ferme dans son soutien à Kiev ? Poutine et Trump joueraient aussi sur la lassitude d’une partie des citoyens européens et de partis politiques qui estiment qu’il faut d’abord faire face aux situations intérieures. Voir les manifestations en France et ailleurs…
En saura-t-on davantage après les pourparlers entre Moscou et Kiev sous médiation américaine qui doivent se tenir mardi et mercredi à Abou Dhabi ? Des Européens seront présents.
