La Pologne est sous le choc après une tuerie à Cracovie. Le suspect, fasciné par les idées d’extrême droite, aurait fait neuf morts au total, dont trois membres de sa famille, et blessé quinze personnes.
Drapeaux en berne, bougies et recueillement: la Pologne en deuil s’est réveillée choquée dimanche, au lendemain de la tuerie perpétrée à Cracovie par un jeune «fasciné» par les idées d’extrême droite, qui a abattu six personnes et en a blessé quinze.
Le tueur est soupçonné d’avoir fait au total neuf morts après la découverte de ses parents et de sa soeur, gisant à leur domicile avec des blessures par balles, à deux heures de route de Cracovie. Le parquet a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête pour acte à «caractère terroriste».
Attaques au couteau
Plusieurs attaques au couteau commises contre des établissements scolaires par de jeunes attaquants se sont produites ces derniers mois, motivées selon le Premier ministre Donald Tusk par «un culte de la violence» entretenu sur les réseaux sociaux.
Mais les Polonais n’avaient pas connu pareil massacre de civils depuis la fin du régime communiste (1944-1989). «Depuis une bonne décennie, on parle de la menace terroriste extérieure. Or, le terrorisme a frappé la Pologne de l’intérieur», constatait dimanche le quotidien de référence Gazeta Wyborcza.
Mesure de la tragédie: le clairon sonné chaque heure par les pompiers de garde depuis le clocher de l’église Sainte-Marie, sur la place du marché de Cracovie, n’a pas résonné depuis samedi soir, une première depuis 1939. Deux jours de deuil national ont été décrétés dimanche et lundi. Les drapeaux sont en berne, les programmes des radios bouleversés.
Etat critique
L’état de santé des 15 personnes hospitalisées pour des blessures par balles s’est légèrement amélioré dans la nuit mais toutes ne sont pas encore hors de danger, selon une porte-parole de la police citée par des médias polonais. Parmi les six personnes qui ont trouvé la mort, figurent deux étrangers – un Britannique et une femme de nationalité inconnue.
Selon les enquêteurs cités dans la presse polonaise, Michal O. n’avait pas d’antécédents judiciaires. Il était membre, avec son père, d’un club de tir. Le ministre de l’Intérieur a avancé samedi soir l’hypothèse d’un homme sensible aux idées «ultranationalistes». «Tout indique qu’il était fasciné par des idéologies d’extrême droite», a affirmé Marcin Kierwinski.
