Il avait la victoire, l’accomplissement du rêve au bout du pied et il a plongé tout un pays dans l’abattement, l’incompréhension. Pourquoi Brahim Diaz a-t-il tenté une panenka, un geste inhabituel pour lui ? Son raté est tel que la question vient automatiquement : l’attaquant du Real de Madrid l’a-t-il fait volontairement pour calmer la situation, empêcher l’envahissement du terrain, le pire. Alors qu’il tirait, des supporteurs sénégalais mécontents, furieux ,se battaient avec les stadiers, les forces de l’ordre.
Le gardien des Lions de la Teranga, Edouard Mendy, ne croit pas à un acte de fair play et avance une explication logique : il est resté le plus longtemps possible sur ses appuis et n’a pas choisi de partir sur un côté, ce qui aurait laissé le centre du but libre pour Diaz. Le tireur aurait préféré la panenka pour surprendre le gardien. Raté total d’un joueur écrasé par la pression ?
Le Sénégal est un beau champion d’Afrique, mais cette finale restera synonyme de chaos indescriptible, ridicule, de fin houleuse et terrible comme le dit la BBC et une majorité de commentateurs. Cette CAN ne méritait pas ce triste spectacle. Avant ce penalty, sans doute discutable, sifflé par l’arbitre congolais Ngambo Ndala , on ne retenait que la réussite du royaume sur tous les plans, infrastructures, logistique, stade, accueil… On ne regrettait que la pluie…
Cette confusion, ce désordre et le comportement de l’entraineur sénégalais Pape Thiaw font remonter les accusations lancées par certaines équipes, notamment l’Algérie et le Nigeria, de manipulations dans la désignation des arbitres, d’arrangements et de décisions toujours favorables au Maroc. Rien de flagrant.
Si Pape Thiaw s’est excusé d’avoir poussé ses joueurs à quitter le terrain car il n’était pas d’accord avec l’arbitre, il est totalement coupable et doit être sanctionné. Son équipe aurait même pu être déclarée battue par forfait. Elle a été sauvée par son capitaine, son héros, Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi, qui est resté sur la pelouse et qui, après avoir discuté avec Claude Leroy, le « sorcier blanc » qui a entrainé au moins six formations nationales africaines, est allé rechercher ses coéquipiers au vestiaire. Au contraire de son entraîneur, il a fait honneur à ses couleurs, au football.
Le dernier mot de cette finale qui a sombré dans la folie n’est sans doute pas écrit. Le patron de la FIFA, Gianni Infantino, qui a jugé « inadmissible » la décision de quitter le terrain, a appelé les instances disciplinaires compétentes de la CAF à prendre « les mesures appropriées » .
