Le président Trump persiste : il s’emparera du Groenland d’une manière douce ou par la force car « les États-Unis ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’or que nous sommes en train de construire ». Peu importe que la rencontre hier à la Maison Blanche entre le vice-président américain, J. D. Vance, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, et son homologue groenlandaise, Vivian Motzfeldt se soit soldée par un constat de « désaccord fondamental », peu importe que des membres européens de l’Otan -France, Allemagne, Suède et Norvège- se réveillent et envoient quelques dizaines de militaires participer à l’exercice danois baptisé « Arctic Endurance » avant de passer à un niveau supérieur, l’Américain estime, au contraire, que l’Otan « devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions”.
Mené par ses obsessions comme cet irréaliste et très coûteux dôme d’or, Donald Trump construit un récit qui ne tient pas compte des réalités. Si des missiles lancés contre son pays passeraient au-dessus du Groenland, s’il peut y avoir des bâtiments russes, il n’existe aucun danger réel et pas de présence maritime chinoise ni d’investissements de Pékin. Dans son narratif fantasmé et colonialiste, il oublie que les Etats-Unis ont le droit d’étendre leur présence militaire au Groenland. Un premier accord conclu avec le Danemark le 9 avril 1941 en raison des menaces nazies autorise les Américains à y construire des bases militaires en cas d’urgence, tout en maintenant la souveraineté danoise sur le Groenland.
Après la guerre, Copenhague a cherché à résilier l’accord, ce que Washington a refusé et, finalement, l’adhésion du Danemark à l’Otan a ouvert la voie à une nouvelle entente scellée en avril 1951. Les Etats-Unis peuvent toujours s’implanter militairement mais doivent en informer le gouvernement danois. Aujourd’hui, ils n’ont plus qu’une seule base, celle, spatiale, de Pittufik qui n’abrite plus que 150 militaires.
Pour conquérir le territoire convoité, Donald Trump préférerait l’acheter. Combien ? Des chiffres, pas forcément fiables circulent. De 10 000 à 100 000 dollars auraient été proposés à chacun de 56 000 Groenlandais. S’ils souhaitent leur indépendance, 80 à 85% d’entre eux disent non à l’Amérique. En 1946, le secrétaire d’État américain James Byrnes a offert 100 millions de dollars au Danemark en échange du Groenland, soit 1,7 milliard d’aujourd’hui. Des financiers parlent d’un prix allant de 12 à 77 milliards. Des économistes estiment que les matières premières et autres ressources représentent 4 400 milliards, mais notent l’extrême difficulté d’aller les récupérer sous la calotte glaciaire. Seulement 4% seraient exploitables, soit 185 milliards. Des spécialistes immobiliers notent que la valeur immobilière du territoire de plus de 2,1 millions de Km² vaut 2772 milliards. Donc, en ajoutant les richesses, quelque 2957 milliards de dollars. Une somme que Trump ne peut mettre sur la table, son pays ayant déjà une dette de 38 000 milliards. On attend les chiffres de Trump…
