
Le mois de Ramadan reste le mois de dévotion, de solidarité et du partage. Tel est le but des soirées que se propose d’organiser l’Hôtel Movenpik aux Berges du Lac. L’établissement vient de dévoiler lors d’une soirée ramadanesque qui a rassemblé le monde de la presse et du spectacle autour d’un Iftar, sa campagne Ramadan 2026 : « Romdhane Fi Loutil, (Ramadan à l’Hôtel), inspirée de l’univers de la série télévisée signée, Hatem Belhaj, où l’hôtel devient un véritable lieu de vie et de convivialité.
A travers ce concept, rappelle t-on, l’établissement réinvente l’hospitalité ; un espace où l’on se sent chez soi, allié à l’élégance, à l’attention et au raffinement d’une maison haut de gamme ; côté culinaire et décor, dignes des mille et une nuits.



Cette 8ème édition du Ramadan au Movenpick Hôtel du Lac sera rythmée par trois soirées majeures, dont deux organisées en collaboration avec la Troupe Mazzika de Khaled Ben Aissa, mettant à l’honneur l’authenticité et la richesse du patrimoine tunisien, ainsi qu’un spectacle présenté pour la première fois par l’humoriste Karim Gharbi. Les soirées se présentent comme suit : 27 février : Spectacle Karim Gharbi ; 7 mars : Aymen lessigue – Afrah ; 14 mars : Ochek Ennouba .
Le clou de l’événement, l’exposition organisée depuis le 24 février et jusqu’au 22 mars 2026 à la Galerie FEN du Movenpick, sous le commissariat de Michela Margherita Sarti. « Si le Ramadan était… » propose selon Michela, un regard moderne et sensible sur le mois sacré, transformant la galerie en un espace de contemplation et d’expression poétique. Entretien:

*Fidèle à son engagement envers l’art et la culture, l’hôtel renoue une fois encore, avec une belle tradition en invitant un bon nombre d’artistes à exposer durant le mois Saint… Qu’en pensez-vous en tant que curatrice de l’exposition?
Michela Margherita Sarti : Je pense que c’est un geste fort évocateur et en parfaite symbiose avec l’esprit du mois de Ramadan ; soutenir l’art durant cette période de sacrifice et d’abstinence, offrir un espace de réflexion, de dialogue et de lumière intérieure. L’hôtel ne se contente pas d’organiser un événement, il crée un lieu de rencontre entre spiritualité, culture et partage. Cela donne du sens à l’espace.
* Comment avez-vous réussi à interpeler tous ces artistes autour d’un même thème et quels étaient vos critères de choix ?
-Je n’ai pas demandé aux artistes de représenter le Ramadan au sens religieux.
Je leur ai demandé de l’imaginer. Le thème « Si le Ramadan était… », ouvrait ainsi une porte poétique, libre et introspective.
Quant aux critères de choix, ils reposaient sur trois éléments essentiels : la sensibilité artistique, la capacité à entrer dans une réflexion conceptuelle,
et la cohérence avec l’atmosphère que je souhaitais créer. Je considère que ce sont des artistes capables d’exprimer une vision intérieure tout en conservant leur identité propre.

* Bientôt une trentaine d’années en Tunisie… Y a t-il espoir de voir renaître le Salon « Efesto » comme au bon vieux temps à La Marsa ?
-Il faut dire que les lieux changent et les expositions évoluent. L’esprit d’Efesto ne disparaît pas, il se transforme parce qu’il fait partie de moi.
Aujourd’hui, je crois davantage en des expositions plus immersives, plus sensibles, plus ancrées dans une expérience globale. Il ne s’agit pas de recréer le passé, mais d’en faire évoluer l’énergie vers une forme contemporaine, plus profonde.



Par ailleurs, cela fait 29 Ramadan que je vis en Tunisie. N’étant pas de confession musulmane, je me suis toujours posé la même question durant toutes ces années : que représente vraiment le Ramadan ? Avec le temps, j’ai compris et réalisé qu’il incarne beaucoup plus qu’un mois d’abstinence.
Plutôt un silence qui parle. Une lumière intérieure qui vous envahit. Un retour à l’essentiel. Une présence invisible qui transforme le rythme quotidien en une célébration de la foi et du partage. Une période de ferveur spirituelle intense qui habitue le cœur à la patience et à la mesure. C’est une énergie que l’on ressent dans les maisons, dans les rues, dans les regards. Et c’est de cette perception qu’est née cette exposition : « Si le Ramadan était… »
Seize artistes ont accepté d’entrer dans cette réflexion et d’évoquer le Ramadan à leur manière: Ahlem Mahjoub, Aida Kchaou, Ali Bouden, Amina Tekitek Bouden, Amine Boussoffara, Donia Khouja Nasra, Elkemel Mabrouk Bzaoui, Houssem Ghorbel, Imen Mokred, Marianne Catzaras, Nesrine Elamine, Oussema Ben Sassi, Rabiaa Rinchi, Saif Ben Hammed, Souheil Nachi et Ines Arif. Je ne leur ai pas demandé de représenter Ramadan, mais de l’imaginer Comme une présence, comme une lumière, comme un geste, comme un souffle.
Les œuvres que vous découvrirez tout au long de ce mois Saint, n’expliquent pas. Elles évoquent. Elles sont une invitation à ressentir avant de comprendre.
* Avez-vous d’autres projets en vue pour l’après Ramadan?
-Oui ! La prochaine exposition est déjà en route. Elle poursuivra cette approche immersive et narrative, avec l’envie d’emmener le public encore plus loin dans l’expérience artistique.


