Radios, télévisions, on ne voit, on n’entend que lui. Et la presse écrite est à l’unisson. Le Premier ministre français ne cesse d’enfoncer son clou, de marteler qu’il est plus qu’urgent de lutter contre la dette, menace existentielle pour le pays.
« Aujourd’hui, à priori on ne peut pas obtenir la confiance », reconnaît-il mais il ajoute que d’ici au 8 septembre, « tout peut bouger et il est « persuadé que cette question commence à travailler dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes, en tout cas [ceux] qui m’écrivent et qui me le disent, en disant ‘pour la première fois on dit la vérité, pour la première fois on va jusqu’à prendre des risques pour relever ce défi-là’ ». Ce dimanche soir, il sera sur les quatre chaînes d’info en continu pour répéter que le bateau France prend l’eau et risquerait de couler si rien n’est fait. Moi ou le chaos…
Il aura du mal à convaincre les Français qui refusent la suppression de deux jours fériés et ont le sentiment d’une injustice fiscale. Peu importe les chiffres, les statistiques, les faits établis, ils paient alors que les riches sont épargnés.
De plus, François Bayrou a commis une grande maladresse, une faute ,en blâmant les « boomers » nés entre 1945 et 1965- qui ont profité de la croissance, d’une vie facile sans penser aux générations suivantes : « Nous sommes en train d’accepter que les jeunes soient réduits en esclavage en les obligeant, pour des décennies, à rembourser les emprunts qui ont été décidés, le cœur léger, par les générations précédentes», a-t-il dénoncé devant le patronat. Il a eu beau s’excuser, dire qu’il ne « voulait pas cibler les retraités », ces derniers se sentent dans le collimateur alors qu’une bonne partie d’entre eux a, autant que les actifs, du mal à finir le mois… Statistiquement, et même s’il faut se méfier des moyennes, ils disposent de 2188 euros par mois contre 2218 pour la population générale.
Les syndicats, qui ne s’associent pas directement au mouvement “bloquons tout” du 10 septembre aux origines douteuse et aux revendications floues, ont décidé de manifester ensemble le 18 septembre pour « enterrer le budget » qui s’annonce d’une « brutalité sans précédent ».
Les oppositions, elles, affirment qu’elles ont la confiance de Français, qu’elles sont prêtes à s’installer à Matignon et à redresser le pays, avec ou sans nouvelles élections. Ce qu’elles ne disent pas, c’est qu’elles se retrouveraient dans la même situation que le « socle commun », sans majorité et avec une lourde menace de censure.
Ces oppositions s’intéressent-elles vraiment à l’avenir de la France. Comme Bayrou, elles parlent de compromis mais ne font rien pour qu’ils existent.
La France va vivre un mois de septembre compliqué.