Le parquet de Paris a ouvert une enquête visant Arno Klarsfeld, fils des chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, après des propos sur CNews où il évoquait «de grandes rafles» d’étrangers en situation irrégulière.
L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne, à la suite du signalement des propos par un député de Charente, a indiqué mardi le parquet de Paris, interrogé par l’AFP.
«C’est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF» (sous obligation de quitter le territoire français), avait déclaré fin janvier Arno Klarsfeld, lors d’un débat sur CNews. «Si on veut se débarrasser des OQTF, il faut organiser comme fait Trump avec l’ICE des sortes de grandes rafles un peu partout. Mais en organisant des grandes rafles, c’est-à-dire en essayant d’attraper le plus d’étrangers en situation irrégulière, on commet aussi des injustices».
Les propos ont été tenus en plateau durant un débat dans lequel était évoqué le viol d’une femme de 90 ans à Nice, pour lequel un Tunisien en situation irrégulière avait été arrêté. Ces propos, tenus par Arno Klarsfeld, juriste de 60 ans et fils du couple Klarsfeld qui lutta contre l’impunité des anciens nazis et créa une association pour défendre les enfants de déportés juifs de France, avaient suscité une large indignation et plusieurs signalements, à l’Arcom et à la justice.
Une procédure disciplinaire contre Arno Klarsfeld a également été engagée par le Conseil d’État, où il siège depuis 2010. Il encourt une sanction qui peut aller de l’avertissement jusqu’à la radiation, en passant par le blâme et la suspension temporaire du Conseil d’État.
