Si la pauvreté s’hérite, il est encore bien plus difficile pour les filles que pour les garçons d’en sortir. C’est une des conclusions d’une étude intitulée « La pauvreté en héritage » rendue publique le 12 février par le Haut-commissariat au plan, institution en charge de la planification économique en France.
Premier paradoxe identifié à travers l’observation d’une cohorte de 1 800 adolescents entre 2007 et 2023, soit de leur entrée au collège à leurs 27 ans : « Le diplôme semble moins protéger les femmes, même les plus diplômées » résume Clément Peruyero rédacteur de la note et doctorant au Département Société et Politiques sociales de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Bien que plus souvent doté d’un niveau supérieur au Bac que les hommes, toutes origines sociales confondues, les femmes sont plus souvent exclues ou à la marge du marché du travail. Elles sont ainsi plus nombreuses à être des NEET (ni en emploi ni en étude), et cela est d’autant plus vrai qu’elles sont issues de milieux frappés par la pauvreté. Ainsi, parmi les personnes venues de la pauvreté extrême, les femmes sont 10 % de plus que les hommes à être NEET.
Meilleurs diplômes mais salaires plus bas
L’éloignement de l’emploi n’est pas le seul indicateur de ce que l’étude appelle la « surpénalité » des femmes ayant grandi dans la pauvreté. Le niveau de rémunération aussi est affecté. Ainsi « les femmes pauvres à l’adolescence se trouvent plus souvent dans les 20 % de salaires les plus faibles (30 %, contre 24 % chez les hommes pauvres à l’adolescence) » observe le Haut-commissariat au plan.
Cette inégalité ne vient pas du niveau de diplôme, pourtant le facteur le plus discriminant pour expliquer la persévérance de la pauvreté d’une génération à l’autre, homme et femmes partageant un même risque de sortir avec un niveau inférieur au Bac quand ils viennent de milieux marqués par la pauvreté.
« C’est donc à l’entrée dans la vie adulte que les écarts se creusent : d’abord via l’éloignement du marché du travail, puis en termes de niveau de salaire pour celles occupant un emploi » , précise la note.
