47,8 millions de Français sont appelés aux urnes ce dimanche pour le premier tour des élections municipales qui revêtent un intérêt plus grand que d’habitude pour diverses raisons : climat dégradé du pays, rivalités entre partis politiques et préparation de la présidentielle de l’an prochain.
En raison de la montée de la violence et des incivilités, la sécurité et la lutte contre la délinquance constituent la première priorité des électeurs, suivie presque à égalité par la santé et le manque de médecins. Viennent ensuite l’école, la situation économique, la propreté de la commune et l’environnement qui est en net recul.
Chaque parti a ses intérêts propres. La France insoumise et le Rassemblement national qui présentent davantage de listes qu’en 2020, de 500 à plus de 750 espèrent gagner des villes importantes, Roubaix pour les insoumis, Toulon, voire Marseille pour le RN. Comme tous les autres partis, ils veulent renforcer leur implantation locale, l’amorcer pour Renaissance, afin d’obtenir le plus de conseillers municipaux possible dans l’optique des sénatoriales de septembre qui verront le renouvellement de la moitié des membres de la haute assemblée.
Les insoumis poursuivent aussi un but ; éliminer un maximum de socialistes qui ne veulent plus de Mélenchon et affaiblir tous leurs rivaux et anciens alliés. Mais leur leader et ses dérives, notamment antisémites, peuvent constituer un handicap et peser sur le vote. Le PS qui détient 60 % des communes de plus de 30 000 habitants et LR cherchent avant tout à maintenir leurs positions.
Ces municipales constituent aussi une sorte de répétition de la présidentielle. Il s’agit de se mettre dans la meilleure position possible afin de convaincre les électeurs de leur importance, de capacité à exercer le pouvoir. Pour Édouard Philippe, seul prétendant à l’Élysée à briguer une mairie – sa réélection au Havre- ce sera même un crash test. Les derniers sondages le donnent battu au second tour… Autres villes à suivre : Paris où Rachida Dati veut mettre fin au règne socialiste, Lyon où Jean-Michel Aulas, l’ancien patron du club de football, l’OL, défie Grégory Doucet, l’écologiste élu en 2020 et Nice où Eric Ciotti, l’allié du RN veut déloger Christian Estrosi
Les résultats dépendront également du niveau de l’abstention. Traditionnellement, elle est assez faible, mais il y a six ans, elle a été élevée en raison du covid, seuls 44,66% des inscrits se sont déplacés aux urnes. D’après un sondage qui date du mois dernier, seuls 60% des électeurs ont l’intention d’aller voter dimanche. L’interdiction du panachage de listes dans les communes de moins de 1000 habitants, une nouveauté, peut favoriser cette abstention.
A noter que dans plus de 23 000 communes, il n’y a qu’une seule liste, ce qui fait que 68 % des maires sont déjà connus.
