Accusé et sur la sellette depuis la mort de Quentin Deranque, jeune militant identitaire lynché par des activistes de l’ultra gauche proches de lui, Jean-Luc Mélenchon persiste et signe : s’il déplore la mort d’un homme, il affirme que le collectif féministe d’ultra droite Némésis avait tendu un traquenard aux antifascistes. Hier soir, en meeting à Lyon, il a déclaré que « tout ce que j’ai dit sur l’événement lyonnais, tout était vrai. Et le mouvement insoumis n’est pour rien dans ce qui vient de se produire ». Faux, car il ne cesse de répéter que les militants de cette ultragauche qui a tué sont ses amis, ses « camarades ». Il y a au moins une responsabilité morale.
A bientôt 75 ans, le leader insoumis serait-il à la dérive ? Non, il ne dérape pas contrairement aux apparences, il poursuit un but bien précis : se retrouver au second tour de la présidentielle de l’an prochain face au candidat du Rassemblement national, si possible Jordan Bardella et accéder, enfin, à l’Elysée. Jour après jour, il prépare le match, le duel.
Dans ce combat de sa vie, il emploie la méthode trumpienne : se présenter en victime, ne jamais avouer, toujours attaquer. Et prétendre être l’homme du bon camp, car il n’y en a que deux : les antifascistes, lui et les siens et les autres qu’il tend à assimiler tous à des fascistes. Ce sera, dit-il, « eux ou nous », « on est d’un côté ou de l’autre. Il n’y a pas de milieu ».
Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon apparaît en perte de vitesse, il recule dans le classement des personnalités, sa cote est descendue à 13% et 71% des Français le rejettent. Il n’en a cure et pense que « comme d’habitude », l’opinion va finir par oublier et se retourner. Candidat en 2012, 2017 et 2022, il est parti assez bas pour remonter dans la dernière ligne droite.
L’insoumis, qui, encore à l’image de Trump, garde et fidélise sa base électorale, cherche à éliminer tous ses concurrents jugés responsables de toutes les difficultés du pays, mais se garde bien de se heurter frontalement au Rassemblement national. La confrontation sera pour le second tour et il s’estime au-dessus de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Il est évident que ce dernier, pur produit marketing et sans expérience, ne fait pas le poids devant ce tribun incomparable, vieux routier de la politique.
Un sondage récent indique que 41% des Français ne souhaitent la victoire ni de l’un ni de l’autre et que 44% jugent qu’ils ne sont pas crédibles si la France connaissait une crise grave.
Rien n’est encore joué. Aux trop nombreux prétendants de la droite, du bloc central et des socialistes de trouver le « bon » candidat pour écarter Mélenchon du second tour pour lequel celui du RN se qualifiera sans mal.
Question : que fera alors l’insoumis ? Appellera-t-il à descendre dans rue. Le pouvoir par la rue et non plus par les urnes ?
Avec une société de plus en plus violente et polarisée, la France semble dans une mauvaise passe. Elle ne peut être représentée par un Mélenchon ou un Bardella….
