Lutte contre le séparatisme islamiste, puis contre l’entrisme des Frères musulmans, deux conseils de défense à l’Elysée en deux mois, demande insistante du président Macron de lois fortes, la France entend se battre, au moins l’extrême droite et la droite contre « une idéologie qui vise la transformation de la société française selon des normes religieuses radicales, constituant ainsi un projet séparatiste systématique de long terme. » Des sondages sont cités : 73% des sondés musulmans pratiquent le ramadan contre 60% en 1989. 45% des jeunes femmes musulmanes affirment porter le voile, trois fois plus qu’en 2003. 46% estiment que la charia doit primer sur les lois nationales, mais ils étaient 54% en 2008. 20% refusent les piscines mixtes, mais ils étaient 34% en 2016. S’il est vrai que des refus de la mixité sont constatés et que le sport amateur, surtout le football, devient vecteur de communautarisme et de radicalité, les sondages ne veulent pas dire grand-chose et plusieurs Conseils départementaux du culte musulman (CDCM) ont déposé plainte contre X auprès du tribunal judiciaire de Paris après la publication du sondage Ifop.
Lundi, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a déposé une proposition de loi pour interdire aux mineures de porter le voile dans l’espace public. Le lendemain, 29 sénateurs LR, emmenés par de la sénatrice du Val-d’Oise Jacqueline Eustache Brinio, ont proposé une panoplie de mesures pour combattre « l’entrisme islamiste », et « converger vers la nécessité d’un réarmement républicain global face à l’offensive islamiste ».
Parmi les mesures phares de la droite, figurent notamment l’interdiction du port du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires, ou pour les mineures de moins de 16 ans. Et l’interdiction du jeûne du ramadan pour les enfants de moins de 16 ans.
Il est évident pour les spécialistes français du droit public que de telles mesures seraient jugées non conformes par le Conseil constitutionnel et qu’elles contreviennent « au principe de liberté de religion ».
Les promoteurs de ces propositions inapplicables précisent qu’ils ne critiquent en aucun cas l’islam, mais uniquement l’islamisme qui, déclare la sénatrice Valérie Boyer inculque aux petites filles en les voilant une infériorité incompatible avec les valeurs républicaines : « Il n’y a pas d’égalité quand on apprend à une enfant qu’elle vaut la moitié d’un homme ».
Entendu par les sénateurs, l’imam franco-tunisien de Drancy Hassen Chalghoumi les a sans doute influencés. Selon lui, « les Frères musulmans sont les plus structurés, les plus politiques, patients, stratèges et peuvent avancer masqués. Si on ne réagit pas, en mars 2026 on aura des surprises ». Et il demande à ce que les branches françaises des Frères musulmans soient classées « comme organisations terroristes ».
Pour le président du RN, Jordan Bardella, interrogé sur Europe 1, le sondage de l’Ifop et les propositions des LR valident sa vision et son programme. Il explique que « c’’est le résultat de trente années d’immigration hors de contrôle, qui a importé sur le sol de la France une autre culture, d’autres traditions, une autre conception de l’égalité homme-femme (…) Il faudra demain et après-demain du courage pour affronter ce qui apparaît comme la plus grande menace existentielle qui pèse sur l’identité française ».
Tout cela confirme le rapprochement qui s’opère en France entre la droite LR et le Rassemblement national. Un rapprochement confirmé par un sondage Odoxa qui indique que lors de la présidentielle de 2027, Bardella arrive en tête au premier tour et remporte le second dans tous les cas de figure.
