L’Iran résiste mieux que prévu aux attaques israélo-américaines, riposte durement et menace tous les assaillants du pire. Netanyahou et Trump ne s’en émeuvent guère et frappent encore plus massivement au point que les funérailles du guide suprême ont été reportées.
Tout va bien, disent en chœur Washington et Tel-Aviv et, effectivement, on voit mal comment une large victoire pourrait leur échapper. Nous continuerons aussi longtemps qu’il faudra, affirme Trump et « tous nos objectifs seront atteints ». Les Iraniens sont « faibles » a assuré ce jour Pete Hegseth, « ils ne pourront rien faire ».
Cependant, une question surprenante surgit dans les milieux militaires : qui sera le premier à court de munitions? Combien de temps cela peut-il durer ? « Cela dépendra de qui a le chargeur le plus garni », estime l’ancien général américain Scott Benedict, désormais expert au groupe de réflexion américain Middle East Institute.
Les Iraniens, qui ne lancent pas leurs missiles en salves, préservent -ils leur stock pour faire traîner le conflit et épuiser leurs adversaires ou n’ont-ils plus la capacité de lancer des frappes coordonnées? se demandent des experts qui notent que pour chaque missile tiré, il faut au moins deux intercepteurs pour être sûr de l’abattre. Ces derniers, missiles Thaad ou missiles PAC-3 MSE destinés au système Patriot, sont très coûteux et leur production était limitée. On se souvient que le chef d’état-major interarmées américain, le général Dan Caine, s’était montré réticent à une attaque, « du fait des stocks de munitions et de missiles ».
Donald Trump, tout en vantant la puissance de son Amérique, laisse poindre une certaine inquiétude en déclarant : « Nous avons d’énormes quantités de munitions. Vous savez, nous avons des munitions stockées partout dans le monde, dans différents pays ». Ce que certains traduisent ainsi : Si l’engagement se poursuit, le Pentagone devra peut-être relocaliser au Moyen-Orient des troupes et des munitions déployées ailleurs, en particulier en Asie face à la Chine.
Dans un tel cas, la défense anti-aérienne de l’Ukraine serait amoindrie et les alliés des Etats-Unis en Asie affaiblis face à la Chine.
Tout n’irait pas aussi bien que Trump le prétend…
