Jim Ratcliffe, patron du géant de la pétrochimie Ineos, a dénoncé ce jeudi un «afflux massif d’immigrés» au Royaume-Uni. Le premier ministre Keir Starmer demande des excuses au milliardaire, propriétaire de Manchester United et de l’OGC Nice.
«Le Royaume-Uni a été colonisé par les immigrés». Jim Ratcliffe, patron du géant de la pétrochimie Ineos, a dénoncé jeudi l’immigration dans un entretien diffusé ce jeudi par la chaîne Sky News. «On ne peut pas avoir une économie avec neuf millions de personnes bénéficiant d’allocations sociales et un afflux massif d’immigrés», a déclaré le milliardaire, propriétaire de Manchester United.
Jim Ratcliffe s’en prend également au premier ministre Keir Starmer, qu’il ne juge pas à la hauteur des enjeux. «Keir est un homme gentil. Je l’apprécie, mais c’est un poste difficile et je pense qu’il faut prendre des mesures difficiles pour remettre le Royaume-Uni sur les rails, car pour l’instant, je ne pense pas que l’économie soit en bonne santé», estime celui qui réside à Monaco. Artisan du Brexit, il juge le leader anti-immigration Nigel Farage «intelligent». «Je pense qu’il faut quelqu’un qui soit prêt à être impopulaire pendant un certain temps pour régler les grands problèmes», affirme-t-il au média britannique, précisant avoir rencontré le chef de file du parti de droite radicale Reform UK.
Keir Starmer demande des excuses
Keir Stamer juge ses propos sur l’immigration «offensants et erronés». Le chef du gouvernement travailliste a demandé des excuses à Jim Ratcliffe. La réplique ne vient pas que du 10 Downing Street. Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, et l’association Kick It Out de lutte contre les discriminations dans le football anglais ont vivement réagi aux propos de Jim Ratcliffe. «Les propos de Sir Jim Ratcliffe sont honteux et sèment la discorde à un moment où le football contribue tant à rassembler les communautés», a réagi Kick It Out.
L’association s’insurge face aux «chiffres inexacts qu’il a mentionnés» sur une supposée vague migratoire au Royaume-Uni et lui rappelle que «Manchester United compte des supporters très diversifiés et joue dans une ville dont l’histoire culturelle a été enrichie par les immigrants»
Dès mercredi, le Manchester United Supporters Trust avait pris ses distances avec le fondateur du groupe pétrochimique Ineos, estimant que «les commentaires des dirigeants du club devraient faciliter l’inclusion, et non la rendre plus difficile».
«C’est inexact, insultant, incendiaire»
Le maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, s’est joint au concert des critiques jeudi sur le réseau X. «Ces commentaires vont à l’encontre de tout ce que Manchester a toujours représenté: un lieu où des personnes de toutes races, de toutes confessions et sans confession se sont unies au fil des siècles pour construire notre ville et nos institutions, y compris le Manchester United FC», a-t-il écrit.
