Israël, qui frappe de plus en plus en Iran et au Liban où « un désastre humanitaire se profile » selon le Premier ministre Nawaf Salam et le HCR, continue de semer la mort et la désolation en Cisjordanie et à Gaza. Mais le monde, les yeux braqués sur l’Iran et les crises pétrolière et économique qui pourraient survenir, n’y fait plus guère attention.
Tous les jours en Cisjordanie, des colons violents mènent des opérations, poursuivent impunément leurs exactions, détruisent maisons, récoltes, construisent des routes pour isoler totalement les villages palestiniens. Tous les jours, des actes de harcèlement sont signalés qui poussent les habitants à fuir. Depuis le début du conflit avec l’Iran, l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Yesh Din, a noté 50 incidents de ce type. Avant-hier, deux frères ont été tués lors d’une attaque de colons…
Aujourd’hui, beaucoup de Palestiniens redoutent une confiscation totale de leurs terres. Une crainte d’autant plus réelle que le gouvernement israélien a pris le mois dernier des mesures pour modifier le régime foncier et simplifier l’acquisition de terres par des Juifs israéliens. Il s’est aussi donné le droit d’intervenir dans la zone A placée sous contrôle total de l’Autorité palestinienne selon les accords d’Oslo. « Nous renforçons notre emprise sur le terrain et mettons fin à l’idée de la création d’un État terroriste arabe au cœur du pays », a résumé Bezalel Smotrich, le ministre d’extrême droite chargé des colonies. Il y a quinze jours, une vingtaine de pays dont le Brésil, l’Arabie saoudite, la France et l’Espagne ont condamné « avec la plus grande fermeté » les récentes mesures prises par Israël pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie mais Netanyahou n’en a cure…
A Gaza, la population est confinée dans une zone, « la rouge » de plus en plus réduite, Tsahal ne cessant de déplacer la « ligne jaune » à l’est de laquelle elle est interdite. L’armée israélienne occupe maintenant 63% de l’enclave. Et malgré le cessez-le-feu, l’aide humanitaire est insuffisante en raison de la fermeture de points de passage, même si celui de Keren Shalom a été rouvert mardi. Sur les marchés, les prix ont grimpé en flèche et les Gazaouis redoutent une nouvelle famine.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, indique qu’ au fil des mois, la mortalité indirecte – maladies non traitées, malnutrition, exposition au froid – s’ajoute ainsi aux victimes directes des combats. Plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier.
Les Gazaouis, en butte à Tsahal, au Hamas et aux gangs anti-Hamas pro-Etat hébreu, expriment une autre crainte : être oubliés.
