Deux des suspects dans la mort d’un militant nationaliste en France ont été inculpés pour « homicide volontaire », a annoncé la justice, et un troisième, assistant parlementaire d’un député de gauche radicale, l’a été pour « complicité », dans une affaire qui a donné lieu à une passe d’armes entre la France et l’Italie.
Quentin Deranque, 23 ans, est mort samedi d’un grave traumatisme crânien. Deux jours plus tôt, au cours d’une « bataille rangée » entre « membres de l’ultragauche et de l’ultradroite », selon une source proche du dossier, le jeune homme s’est retrouvé isolé. Jeté au sol, il avait été frappé à coups de pied, notamment à la tête, par « au moins six individus » masqués et cagoulés.
Houleux échanges entre Paris et Rome
L’affaire a donné lieu à une passe d’armes entre responsables italien et français.
La première ministre italienne, Giorgia Meloni, issue elle-même de l’extrême droite, avait qualifié mercredi sur X la mort de M. Deranque de « blessure pour l’Europe entière ».
Jeudi, le président français, Emmanuel Macron, a quant à lui demandé d’arrêter de « commenter ce qui se passe chez les autres ». En se disant « toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu’on les embête chez eux, sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres ».
Jeudi, le bureau de Mme Meloni a réagi avec « stupéfaction » aux propos du président français, tenus depuis New Dehli. En assurant que les propos de la dirigeante étaient simplement destinés à exprimer « un signe de solidarité avec le peuple français touché par ce terrible événement ».
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a renchéri sur X en jugeant que la mort de Quentin Deranque est « un fait grave qui nous concerne tous et que nous condamnons sans hésitation ».
L’affaire enflamme par ailleurs la scène politique française, en pleine campagne pour les élections municipales de mars.
Elle met surtout la pression sur le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI), trois des suspects étant des proches du député LFI Raphaël Arnault.
Ce dernier est le fondateur du groupe d’ultragauche La Jeune Garde, au cœur des suspicions dans l’enquête et en cours de dissolution pour de précédentes accusations de « violences ».
