A force de s’interroger sur le comportement de Donald Trump, on a une réponse qui vaut ce qu’elle vaut. Interrogé le 7 janvier par des journalistes de New York Times sur ses limites, il s’est livré : « Ouais, il y a une chose : ma propre moralité, mon propre esprit. C’est la seule chose qui peut m’arrêter. Et c’est très bien. Je n’ai pas besoin du droit international. Je ne cherche pas à faire du mal aux gens ». Prévisiblement imprévisible, le golfeur de Mar a Lago est finalement cohérent : son élection a confirmé son destin qui est de dominer le monde pour le bien de son Amérique et le sien propre.
Avec ses méthodes brutales, son irrespect, son ignorance, ses droits de douane, il teste, constate, évalue, recule ou avance. Et l’on en arrive à ce Conseil de paix initialement conçu pour Gaza qu’il veut étendre au monde entier et qui aura, sous sa présidence, vocation à remplacer l’ONU. Les modalités de cette nouvelle institution sont folles et le monde, à l’image de la France et de la Chine devraient le contrer fermement, dire « ça suffit ».
Qu’en sera-t-il ? Quelle sera la riposte de l’Europe que Trump veut casser.
Persuadé que les Européens finiront par céder sur tout, Trump humilie Macron en publiant un « message privé » et affirme que « personne ne veut de lui, car il va bientôt quitter ses fonctions ». Et lui ? Même s’il ne reculera devant rien pour gagner les élections de mi-mandat en novembre, ce n’est pas fait. Et il n’est pas éternel, ni sa présidence.
Le Forum de Davos apportera-t-il des réponses ? La thématique est, curieusement « l’esprit de dialogue ». Ursula von der Leyen annonce une réponse « ferme, unie et proportionnelle » sur le Groenland. L’Europe a les moyens de résister, de prendre elle aussi des sanctions commerciales, mais son unité n’est, pour l’instant, que de façade. L’Allemagne et l’Italie ne sont pas dans une opposition ferme et Trump compte sur ses amis comme Orban et Fico.
