Il y a quatre ans, Vladimir Poutine lançait son opération spéciale avec l’objectif de renverser le gouvernement ukrainien et de ramener le pays dans le giron russe. Quelques jours devaient suffire. Échec total.
Un échec partiellement reconnu ce matin par le Kremlin où son porte-parole Dmitri Peskov a reconnu que «les objectifs ne sont pas encore atteints » et que « l’opération militaire spéciale se poursuit» avec pour but principal d’assurer «la sécurité des personnes» vivant dans l’est de l’Ukraine. Narratif mensonger habituel à Moscou, pas d’ « opération spéciale », mais une véritable guerre menée par un Poutine qui veut reconstituer l’empire soviétique.
Une guerre au bilan effrayant : le Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS), un institut de réflexion américain, estime à près de deux millions (morts, blessés et disparus) le nombre de victimes. Aucune grande puissance, dit-il, n’a « subi autant de pertes humaines ou de victimes depuis la Seconde Guerre mondiale ». Et ce n’est pas fini. Poutine, pour qui la vie humaine ne compte pas, envoie à la mort une trentaine de milliers d’hommes chaque mois. Il mène des semblants de négociations avec un Trump qui songe plus à des avantages économiques qu’à l’indépendance et l’intégrité de l’Ukraine, mais ne bouge pas d’un iota, attend la capitulation de Kiev.
Les Ukrainiens ne veulent rien céder, résistent courageusement et recommencent à lancer des contre-offensives. Ils sont très fatigués, épuisés mais toujours aussi déterminés même si quelques divisions apparaissent dans le pays.
Sur le terrain, sur les lignes de front, la situation est bloquée. Une guerre dans l’impasse sans issue prévisible sinon que la paix n’est pas pour demain. Le chancelier allemand Friedrich Merz considère que le conflit prendra fin quand un camp sera épuisé militairement ou économiquement. Contrairement à ce que l’on prévoyait il y a quatre ans, la Russie ne s’est pas effondrée, mais elle est de plus en plus à la peine avec des dépenses militaires qui ont triplé depuis 2021. L’Ukraine tient grâce à l’aide de l’Europe qui a pris le relais des Etats-Unis de Trump. Elle fournit aujourd’hui 95% de l’aide militaire et la quasi-totalité de l’aide financière et humanitaire. Les principaux contributeurs sont l’Allemagne, le Royaume Uni, la Suède et la Norvège. Il faut noter que les Européens n’ont pas les moyens de faire plus afin de donner un avantage à l’Ukraine. D’ailleurs, comme les Américains du temps de Biden, ils n’ont jamais fourni aux soldats de Kiev de quoi mettre la Russie en réel danger. Ménager Moscou, ménager l’avenir.
Car, il faut bien le voir : cette guerre qui se prolonge pèse sur l’avenir des Européens. Même diffuse, l’inquiétude est réelle. De quoi sera fait demain alors que l’on parle d’attaque russe sur un pays balte et que la guerre informationnelle s’intensifie ?
