Barack Obama a déploré le « spectacle de clowns » offert par la classe politique américaine après le partage par Donald Trump d’une vidéo raciste le dépeignant en singe, et a durement critiqué des opérations anti-immigration dignes, selon lui, d’une dictature. Plutôt rare dans les médias, l’ex-président démocrate (2009-2017) s’est exprimé dans un podcast politique diffusé samedi 14 février, où il s’inquiète de dérives des États-Unis sous son successeur républicain.
Le commentateur politique de gauche Brian Tyler Cohen l’interroge en particulier sur la « dégradation du discours » politique américain et cite comme exemple la vidéo largement dénoncée comme raciste, diffusée puis supprimée sur le compte de Donald Trump au début du mois sur le réseau Truth Social.
La majorité des habitants des États-Unis « trouve ce comportement profondément troublant », répond Barack Obama, sans mentionner explicitement la vidéo, ni son successeur républicain.
« Ça ne semble provoquer aucune honte »
« Il y a une sorte de spectacle de clowns qui se déroule sur les réseaux sociaux et à la télévision, et ce qui est vrai, c’est que ça ne semble provoquer aucune honte parmi les gens qui, auparavant, estimaient qu’il fallait faire preuve d’une certaine décence, d’un sens des convenances et de respect pour la fonction, n’est-ce pas ? Cela s’est perdu », développe l’ancien président.
La vidéo, à laquelle il n’avait pas encore réagi, représente les visages de Barack Obama, premier président noir du pays, et son épouse Michelle Obama sur des corps de singes, suscitant de nombreuses critiques de la part des démocrates et de certains républicains.
Donald Trump a minimisé les critiques et a affirmé n’avoir pas vu la partie en question de la vidéo, la Maison-Blanche affirmant qu’un membre de son personnel était responsable de la publication.
« Comportement héroïque »
Dans la même interview, Barack Obama se montre très virulent concernant les agissements de la police de l’immigration (ICE) et de la police des frontières à Minneapolis. « Le comportement dévoyé d’agents du gouvernement fédéral est profondément préoccupant et dangereux », assène-t-il, évoquant des comportements « que nous avons vus par le passé dans des pays autoritaires et dans des dictatures ».
Depuis décembre, plusieurs milliers de policiers fédéraux, souvent masqués, ont multiplié raids anti-migrants et arrestations, suscitant la révolte de nombre d’habitants de ce bastion démocrate devenu l’épicentre de l’hostilité à la politique migratoire répressive du président américain.
Dans le podcast, il salue la résistance opposée à ces opérations : « Ce type de comportement héroïque et persistant de la part de gens ordinaires, malgré les températures négatives, devrait nous donner de l’espoir », ajoute Barack Obama.
