« Nous allons bien. Nous sommes des combattants ». Depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York aux États-Unis, Nicolás Maduro a fait passer un message concernant ses conditions d’incarcération dans une vidéo publiée, samedi 10 janvier, par le parti au pouvoir au Venezuela.
Le président vénézuélien déchu est accusé avec son épouse Cilia Flores de trafic de drogue. Le couple a plaidé non-coupable, lors de leur présentation devant la justice américaine et est incarcéré depuis avant une prochaine audience le 17 mars.
Comme le rapporte la BBC, un avocat américain a décrit ce centre de détention comme « l’enfer sur terre ». Certains juges ont refusé d’y envoyer des condamnés, assure The Guardian.
« C’est extrêmement violent »
Cette prison se trouve donc à Brooklyn et plus précisément à Sunset Park, un quartier industriel. De l’extérieur, le bâtiment qui date des années 1990 est imposant. Il s’agit de l’une des plus grandes prisons fédérales du pays, explique Le Figaro. Jusqu’à 1.600 détenus s’y trouvent, décompte Le Times.
Cette prison a une particularité : elle accueille en grande majorité des personnes en attente de leur procès, de leur inculpation ou d’un transfert. Ainsi, les rappeurs P. Diddy et R. Kelly y ont été emprisonnés. Luigi Mangione et l’ancienne compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell aussi, ou encore El Chapo.
Les conditions de détention y sont décrites comme particulièrement dures. Dans une lettre, les avocats de P. Diddy demandaient une libération sous caution du rappeur accusé de trafic sexuel et dénonçaient la mort d’un détenu au sein du centre pénitentiaire, ainsi que le suicide de quatre autres, au cours des trois dernières années.
La violence y est constante. Un détenu cité dans The Independent y affirme que des agressions au couteau s’y produisent « au moins deux fois par semaine ». « Un type s’est fait poignarder à l’œil avec un couteau de fortune », a-t-il raconté. « Et ces couteaux – je n’ai jamais été en prison auparavant, c’est ma première incarcération – mais ces lames font parfois quinze à vingt centimètres, fabriquées artisanalement avec des matériaux provenant des murs en acier. C’est extrêmement violent », décrivait-il.
Une prison infestée de cafards et d’asticots
À cela s’ajoutait une description des lieux. Une prison « sale », « dangereuse », « infestée de drogues » et où les conditions de détention y sont « dangereuses ». Des images de cellules infestées de cafards ont fuité dans les médias américains.
Rapportés par Le Point, les propos de David Patton, l’ancien directeur des Défenseurs fédéraux de New York étaient sans équivoque : un « manque de soins médicaux », de « graves problèmes d’hygiène, en passant par les asticots dans la nourriture et la violence ». « Tout ce qu’on peut imaginer de problématique dans une prison, on le trouve au MDC (le centre de détention de Brooklyn, ndlr), et ce depuis très longtemps », déclarait-il.
Coupures d’électricité et de chauffage en 2019
Dans une enquête publiée en 2019, Le New York Times affirmait que la prison avait connu des coupures d’électricité et de chauffage, pendant au moins une semaine au mois de février – période où les températures à New York ne dépassaient pas les 2 degrés. Selon le journal, plus d’un millier de détenus avaient été concernés ces coupures.
Cité par l’AFP, Daniel Lambright, conseiller au sein de l’Union pour les libertés civiles de New York, qualifiait cette prison de « véritable désastre, opaque et inhumain, qui n’a pas sa place dans l’application des lois sur l’immigration ».
