
L’Ukraine a adressé au gouvernement allemand une demande officielle de livraisons de missiles de croisière air-sol, de type Taurus avec une portée d’au moins 500 km, a indiqué samedi le ministère allemand de la Défense. «Une demande de la partie ukrainienne nous est parvenue au cours des derniers jours», a avancé la porte-parole, sans vouloir donner de détail sur les quantités.
Le gouvernement allemand a nettement augmenté ses fournitures d’armement à Kiev au cours des derniers mois mais s’est montré jusqu’ici réticent au sujet de missiles de croisière.
Le Taurus est un missile de croisière air-sol, transporté par des chasseurs et développé par la société germano-suédoise du même nom. Du fait de sa portée, il serait en mesure de frapper des cibles situées très loin derrière l’actuelle ligne de front dans l’est de l’Ukraine.
D’autre part, le ministère ukrainien de la Défense a laissé entendre que des avions Su-24MR, dédiés initialement aux missions de reconnaissance, ont été modifiés afin de pouvoir tirer de tels missiles. Et sans doute que des Su-27 Flanker le seront également.
Attaques de drones en Russie
Deux drones ont endommagé un bâtiment administrant un oléoduc dans la région de Pskov, dans l’ouest de la Russie, a annoncé samedi le gouverneur régional, nouvel incident d’une série d’attaques menée sur le sol russe ces derniers jours.

L’explosion est la dernière d’une série d’attaques aériennes en Russie ces dernières semaines.
« Tôt le matin, une explosion a endommagé le bâtiment administratif de l’oléoduc près de Litvinovo, dans le district de Nevelsky », à environ dix kilomètres de la frontière avec le Bélarus, a déclaré le gouverneur Mikhaïl Vedernikov.
Peu de temps après, il a ajouté que, selon les premières informations, le bâtiment avait été « endommagé à la suite d’une attaque par deux véhicules aériens sans pilote ».
Aucune victime n’a été signalée et une enquête est en cours.
Selon des informations non confirmées publiées par Baza, un média russe sur Telegram avec des sources dans les services secrets, les drones ciblaient la station de pompage de pétrole Transneft de Pskov.
Baza a également rapporté une attaque au drone ayant visé une autre station pétrolière, dans la région de Tver, au nord-ouest de Moscou.
Les « obstacles » de Lavrov
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a dit vendredi voir de « sérieux obstacles » à la recherche d’une solution pacifique en Ukraine, en recevant l’émissaire chinois Li Hui à Moscou.

Lors de leur entretien, « le ministre russe des Affaires étrangères a réaffirmé l’engagement de Moscou en faveur d’une résolution politico-diplomatique du conflit, notant les sérieux obstacles créés par l’Ukraine et ses soutiens occidentaux à la reprise des pourparlers de paix », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.
« Sergueï Lavrov a exprimé sa gratitude à la Chine pour sa position équilibrée à l’égard de la crise ukrainienne et a signifié sa haute appréciation de la volonté de Pékin de jouer un rôle positif dans son règlement », a-t-elle ajouté.
Li Hui, ancien ambassadeur chinois à Moscou, a été envoyé par Pékin pour discuter d’un règlement politique du conflit en Ukraine. Il effectue une tournée en Europe depuis une semaine.
Lors de sa visite à Kiev plus tôt en mai, Li Hui s’était entretenu avec le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. Ce dernier avait alors insisté sur « le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».
Des Allemands chassés
Plusieurs centaines de fonctionnaires allemands travaillant notamment dans les secteurs de l’éducation et de la culture vont devoir quitter dans les prochains jours la Russie à la demande de Moscou, a indiqué ce samedi une source gouvernementale allemande à l’AFP.

Cette décision fait suite à une décision des autorités russes imposant à l’Allemagne de réduire fortement d’ici début juin ses personnels diplomatiques et d’institutions publiques comme le centre culturel Goethe Institut ou l’école allemande de Moscou, a-t-elle ajouté.
Cette source confirmait une information révélée par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui parle d’une « déclaration de guerre diplomatique de Moscou » à Berlin.
A la suite de la récente réduction de la présence des services secrets russes en Allemagne, sous pression de Berlin, le ministère russe des Affaires étrangères a fixé « en avril un plafond pour le nombre de personnels diplomatique et d’organisations publiques allemandes » autorisé à rester en Russie, indique-t-on au ministère allemand des Affaires étrangères.
« Cette limite fixée par la Russie à compter de début juin implique de grandes coupes dans tous les domaines de la présence (allemande) en Russie », a-t-on ajouté de même source.
Le ministère n’a pas donné de chiffre sur le nombre de personnes concernées mais une source gouvernementale a précisé que les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung, qui parle de plusieurs centaines de personnes, était « correctes ».
Regroupement russe

Les forces russes ont temporairement relâché leurs attaques sur la ville assiégée de Bakhmout, dans l’est de l’Ukraine, afin de se regrouper et de renforcer leurs capacités, a déclaré ce samedi la vice-ministre de la Défense ukrainienne, Hanna Maliar.
Le groupe paramilitaire russe Wagner, qui a commencé à retirer ses mercenaires au profit de l’armée régulière, a revendiqué la semaine dernière la prise de la ville, après la bataille la plus longue et la plus sanglante depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Les forces russes poursuivent leurs attaques mais « l’activité offensive globale a diminué », a déclaré Hanna Maliar sur la messagerie Telegram. « Hier et aujourd’hui, il n’y a pas eu de batailles actives, ni dans la ville ni sur les flancs », a-t-elle précisé, ajoutant que les troupes russes bombardaient plutôt la périphérie et les abords de Bakhmout.
