Comment revenir à la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, comment faire baisser le prix du pétrole et rétablir la paix dans la région ? L’Iran est un des sujets les plus abordés lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Les différents orateurs, Trump, Macron, Pezeskhian et autres ont parlé de négociations, de paix assez rapide ou d’extension du conflit, d’anéantissement ou de prospérité… Aucune avancée réelle. Et nul n’a évoqué la vie de plus en plus difficile et précaire des Iraniens, proposé des solutions pour diminuer leurs souffrances. Et dire que le 13 janvier, au plus fort de la répression, Donald Trump exhortait les Iraniens à continuer à protester et déclarait que « l’aide est en route ». Rien n’est venu et l’entrée en guerre déclenchée le 28 février par Washington et Tel Aviv n’a fait qu’aggraver la situation. Et depuis que Trump, qui ne sait comment sortir de son guêpier, a déclaré le 20 août « une guerre économique et d’isolation », cela empire.
Dans tout le pays, des sit-in et manifestations ont lieu pour protester contre le coût de la vie, le non versement de salaires et de pensions de retraite parfois depuis plusieurs mois. Pas de mise en cause directe des autorités et des gardiens de la révolution car la répression est toujours aussi forte -plusieurs exécutions chaque semaine et des peines sévères prononcées. Malgré les interdictions, des Iraniens, sous couvert d’anonymat, se confient à la presse étrangère. Des témoignages édifiants : « Avant, les prix augmentaient de mois en mois ou de semaine en semaine. Aujourd’hui, ils changent d’heure en heure, et je n’exagère pas ». « Ma retraite ne suffit même pas à couvrir la première semaine du mois, et je fais partie des chanceux : je la touche tous les mois ». « Au début de l’été, mon loyer a augmenté et j’ai dû vendre mon réfrigérateur pour pouvoir le payer. Même dans mes pires cauchemars, je n’aurais jamais imaginé vivre cela. Le plus étrange, c’est que beaucoup d’entre nous finissent peu à peu par accepter ce mode de vie comme une réalité». « Après le début de la guerre, ma machine à laver est tombée en panne. La réparation aurait coûté presque la moitié de mon salaire. Depuis, je lave mes vêtements à la main »… La rentrée universitaire pourrait ne pas avoir lieu demain car les professeurs d’université ont menacé de faire grève si leurs salaires n’étaient pas augmentés.
Officiellement l’inflation était de 69,9% en août mais selon certaines sources, elle était en réalité de 80% et d’au moins 130% pour les denrées alimentaires. Au moins 40% de la population est sous le seuil de pauvreté absolue et 40 % supplémentaires risquent d’y basculer.
Si en janvier, les Iraniens espéraient une aide internationale, ils n’y croient plus et une jeune femme ne cache pas son amertume : « Quand ils interviennent, les pays étrangers défendent leurs propres intérêts. Ils ne défendent pas l’intérêt du peuple iranien ni son bien-être. C’est devenu évident pour tout le monde ». Malgré les risques, les manifestations anti régime pourraient reprendre car nombre d’Iraniens estiment qu’ils n’ont plus rien à perdre.
