Sur décision du président Tebboune les autorités algériennes vont dépenser une enveloppe de plus de 1,2 milliard de dinars (8 millions d’euros) pour ériger une statue géante de 42 mètres de haut de l’émir Abdelkader. Le monument se dressera dès la fin de 2024 au cœur de la ville portuaire, « sur le mont Murdjadjo [ou Aïdour, qui culmine à 429 mètres d’altitude], où se trouve le fort de Santa Cruz”.
L’émir Abdelkader (1808-1883) reste une figure historique consensuelle en Algérie. Émir, chef religieux, soufi, il dirige une coalition de populations de l’ouest algérien contre la conquête de l’Algérie par la France. Il crée un État autour de la ville de Tagdmet non loin d’Oran. Il sera vaincu par les Français en 1847. Mais il est perçu comme un des pères de la nation algérienne.
Une partie de la presse algérienne, elle, ne s’en prend pas à la figure historique de l’émir mais bien à l’échelle de ce projet et à un goût prononcé chez certains présidents pour les bâtiments et les projets grandioses.
« On a eu la mosquée de Bouteflika avec le plus haut minaret du monde et on aura la plus haute statue du monde avec Tebboune », constate le site d’information Le Matin d’Algérie. La statue de l’émir ne sera pas la plus grande du monde mais le site d’information s’interroge sur la question de l’utilisation des deniers publics.
« Pour les hôpitaux, les centres de recherche et autres infrastructures stratégiques, les Algériens attendront », estime le site d’information indépendant.
Les canalisations de la ville d’Oran n’ont pas été remplacés depuis le départ des Français en 1962. Les habitants de la ville portuaire sont victimes de coupures d’eau régulièrement. Sur les réseaux sociaux un collectif d’habitants de la ville demande que les infrastructures vitales d’Oran soient modernisées.
